Alors que les autorités multiplient les engagements en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes, les postes de décision restent largement dominés par les hommes dans les administrations, les collectivités territoriales et les partis politiques. Derrière les discours officiels se dessine une réalité persistante: celle d’une exclusion silencieuse mais structurelle des femmes du pouvoir.
Par Gervais Fredy M, le fils des Femmes.

L’égalité des genres et l’autonomisation des femmes figurent parmi les priorités régulièrement mises en avant dans les discours officiels. Pourtant, dans la réalité, les structures étatiques camerounaises peinent encore à donner l’exemple. L’administration publique apparaît souvent comme un modèle qui célèbre l’égalité en paroles, sans parvenir à la matérialiser pleinement dans les faits. Alors que de nombreux citoyens espéraient une mise en œuvre plus ambitieuse des principes d’égalité, la représentation des femmes dans les sphères de décision demeure largement insuffisante. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Dans le processus de décentralisation, sur 360 communes que compte le pays, seules 39 sont dirigées par des femmes, soit à peine 10,8 % des maires. Au sein des organisations politiques, sur 291 partis officiellement recensés, seulement 13 ont une femme à leur tête, représentant 4,5 % des formations politiques. Dans l’administration territoriale, la situation est encore plus préoccupante : sur 360 sous-préfets, seules 15 femmes occupent cette fonction, soit également 4,5 %. Le gouvernement lui-même n’échappe pas à ce constat. Sur les 39 départements ministériels, seulement 6 sont dirigés par des femmes, ce qui représente 15,4 % des postes ministériels. Des statistiques qui illustrent le décalage persistant entre les engagements affichés et la réalité du partage des responsabilités.

Ces données révèlent une évidence : on parle davantage de l’égalité des genres qu’on ne la met véritablement en pratique. Les avancées existent, mais elles restent modestes au regard des ambitions proclamées et des enjeux de gouvernance moderne. L’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’action concrète. Davantage d’efforts et moins de communication seraient nécessaires pour faire de l’égalité une réalité tangible. Responsabiliser davantage les femmes à la tête des institutions publiques et des structures de décision constitue non seulement un impératif d’équité, mais aussi un levier de performance. Plusieurs observateurs estiment qu’une plus grande présence féminine dans les postes de commandement peut contribuer à une meilleure protection du patrimoine public, à une administration plus efficace et à une gouvernance davantage marquée par l’écoute, la proximité et l’humanité.
Le défi de l’égalité des genres au Cameroun reste donc entier. Entre les promesses et les actes, il demeure un long chemin à parcourir pour que les femmes occupent enfin la place qui leur revient dans la conduite des affaires publiques.
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