Le Groupe de Travail Biodiversité d’Afrique Centrale (GTBAC) franchit un nouveau cap. À l’issue de sa 40ᵉ réunion, tenue du 17 au 19 août derniers avec l’appui technique et financier du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), cet organe thématique de la COMIFAC voit son statut et son mandat renforcés. Une mutation qui devrait permettre à l’Afrique centrale de mieux coordonner sa stratégie, de défendre des positions communes et de peser davantage dans les négociations internationales sur la biodiversité.
Par Céline Claire NA

À l’issue de cette 40ᵉ réunion, le GTBAC change d’envergure. Il est désormais érigé en Comité de pilotage du Centre de Coopération Technique et Scientifique de la COMIFAC, chargé notamment d’accompagner la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Cette évolution dépasse le simple réaménagement institutionnel. Elle confère au GTBAC une responsabilité accrue dans la coordination de l’action régionale en matière de biodiversité. Le groupe est appelé à devenir un espace plus structuré de dialogue, d’expertise et d’orientation stratégique, capable de rapprocher les priorités des États de la sous-région des exigences des cadres internationaux.
L’un des principaux changements attendus réside dans la capacité du GTBAC à développer et défendre des positions sous-régionales plus fortes. L’ambition est de permettre à l’Afrique centrale de parler davantage d’une seule voix dans les grandes négociations internationales sur la biodiversité. Pour le Bassin du Congo, cette évolution est stratégique. La sous-région dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel, mais doit également faire face à des défis considérables en matière de financement de la conservation, de valorisation du capital naturel, de protection des écosystèmes et de prise en compte des droits et intérêts des peuples autochtones et des communautés locales.
Le renforcement du GTBAC devrait ainsi favoriser une meilleure articulation des priorités nationales et la construction de positions communes susceptibles de peser sur les décisions internationales et les mécanismes de financement de la biodiversité.
Le nouveau positionnement du GTBAC intervient alors que les pays de la sous-région doivent désormais traduire les engagements du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal en actions concrètes. Son rôle de comité de pilotage du Centre de Coopération Technique et Scientifique devrait contribuer à renforcer les capacités techniques, la coordination régionale et le partage d’expertise nécessaires à cette mise en œuvre. L’enjeu est donc de transformer le poids écologique du Bassin du Congo en capacité politique et diplomatique d’influence.
Pour la COMIFAC, le pari est celui d’un GTBAC plus dynamique, mieux structuré et davantage en mesure de porter les intérêts de l’Afrique centrale dans la gouvernance mondiale de la biodiversité.Cette mutation pourrait, à terme, faire du GTBAC non seulement un cadre de concertation technique, mais aussi un véritable instrument stratégique de défense des intérêts de la sous-région.
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