Réunis à Douala autour des principaux défis du transport international des marchandises, les Conseils des Chargeurs africains entendent renforcer leur action collective pour réduire les coûts logistiques, fluidifier les échanges et améliorer la compétitivité des économies du continent.
Par Gervais Fredy M

La tenue, à Douala, de la session ordinaire du Comité Directeur de l’Union des Conseils des Chargeurs Africains (UCCA) va bien au-delà d’une simple rencontre institutionnelle. Elle constitue un important cadre de concertation entre les acteurs africains du secteur des transports et du commerce maritime, avec pour ambition de rechercher des réponses communes aux difficultés qui affectent les échanges du continent.
Depuis le mercredi 8 juillet 2026, le siège de l’UCCA accueille cette session organisée par le Secrétariat Général de l’organisation, en collaboration avec le Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC S.A.). Quinze Conseils de Chargeurs africains y sont représentés. Huit Directeurs Généraux et près de 60 délégués prennent part aux travaux, témoignant de l’importance accordée à cette plateforme de dialogue et de coopération. Au cœur des discussions figurent des préoccupations qui touchent directement la compétitivité des entreprises et des économies africaines. Les participants examinent notamment les coûts et les délais de passage des marchandises dans les ports, l’évolution des taux de fret ainsi que les différentes surcharges qui pèsent sur le commerce international africain. Autant de facteurs susceptibles d’alourdir le coût des produits, de réduire la compétitivité des entreprises et de ralentir la fluidité des échanges.
Dans ce contexte, la concertation portée par l’UCCA apparaît comme un véritable outil de défense des intérêts des chargeurs africains. En mettant en commun leurs expériences et leurs difficultés, les différents Conseils de Chargeurs peuvent dégager des positions communes et favoriser des solutions adaptées aux réalités du continent. La démarche vise notamment à renforcer la capacité des pays africains à faire entendre leur voix dans les discussions liées au transport maritime et aux chaînes logistiques internationales.

L’harmonisation du Bordereau de Suivi de Cargaison constitue également un enjeu majeur des travaux. Une plus grande convergence des procédures et des instruments de suivi pourrait contribuer à simplifier les opérations, à réduire certaines contraintes administratives et à faciliter la circulation des marchandises entre les différents espaces portuaires africains. Cette dynamique collective intervient dans un environnement international particulièrement contraignant. Lors de la cérémonie officielle d’ouverture, le Président en exercice de l’UCCA et Directeur Général du Conseil Congolais des Chargeurs, Dr Dominique Candide Fabrice Koumou Boulas, a relevé que les travaux se tiennent « dans un contexte économique mondial où le secteur maritime est marqué par de nombreuses crises ». Les perturbations qui affectent les chaînes d’approvisionnement mondiales ont en effet des répercussions directes sur les économies africaines, fortement dépendantes du transport maritime pour leurs importations et leurs exportations.
L’action de l’UCCA prend dès lors tout son sens. En favorisant le partage d’informations, la coordination des positions et la recherche de réponses communes, l’organisation contribue à renforcer la résilience des pays africains face aux fluctuations du commerce maritime international. L’objectif est aussi de faire en sorte que les décisions prises à l’échelle internationale tiennent davantage compte des intérêts et des réalités des chargeurs du continent. Les retombées attendues de cette concertation sont multiples. Une meilleure maîtrise des coûts et des délais portuaires peut améliorer la compétitivité des opérateurs économiques. Une réflexion concertée sur les taux de fret et les surcharges peut contribuer à défendre les intérêts des importateurs et exportateurs africains. De même, l’amélioration des conditions de transport international des marchandises peut favoriser la fluidité des échanges et soutenir davantage l’intégration économique du continent. Le Comité Directeur doit également examiner le fonctionnement de l’UCCA et faire le point sur la mise en œuvre des résolutions adoptées lors des précédentes rencontres. Cette dimension traduit la volonté de l’organisation de donner une portée concrète aux décisions prises collectivement et de mesurer les avancées enregistrées.
À travers l’accueil de ces assises, Douala confirme par ailleurs son rôle de plateforme de concertation sur les questions liées au transport et au commerce maritime en Afrique. Le choix du Cameroun pour abriter cette rencontre, dans une ville qui accueille le siège de l’UCCA, souligne la place stratégique du pays dans cette dynamique de coopération. Au-delà des échanges entre responsables et experts, l’enjeu de cette session est donc de transformer la concertation en actions concrètes. Pour les pays africains, il s’agit de disposer d’un cadre capable de porter leurs préoccupations, de réduire les contraintes qui renchérissent le commerce et de contribuer à la construction d’un environnement logistique plus efficace et plus compétitif. La force de l’UCCA réside ainsi dans sa capacité à fédérer les Conseils de Chargeurs autour d’intérêts communs et à faire de la coopération africaine un levier au service du commerce et du développement économique du continent.
La Rédaction: (+237) 676 26 12 02
