Mieux anticiper les risques climatiques, sécuriser les investissements publics locaux et renforcer l’accès des collectivités aux financements du développement durable: telle est l’ambition portée par le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM). À travers la convention de trois ans signée le 19 octobre 2026 à Yaoundé avec l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC), son directeur général, Philippe Camille Akoa, entend renforcer les capacités des collectivités territoriales décentralisées (CTD) à concevoir des projets adaptés aux réalités climatiques et susceptibles de mobiliser des financements. Une coopération qui rapproche l’expertise scientifique des moyens financiers pour faire émerger des territoires plus sûrs, mieux préparés aux chocs climatiques et résolument tournés vers un développement durable.

Face aux effets des changements climatiques, les collectivités territoriales sont confrontées à un défi majeur: répondre aux besoins des populations tout en préservant les infrastructures, les ressources naturelles et les activités économiques des risques environnementaux. Inondations, dégradation des terres, perturbations des cycles agricoles et fragilisation des infrastructures imposent désormais une approche du développement local fondée sur l’anticipation et la prévention. Dans ce contexte, construire une route, aménager une école, développer l’agriculture ou améliorer l’assainissement ne peut plus se limiter à répondre aux urgences du présent. Il devient indispensable d’intégrer les risques climatiques dès la conception des projets afin de protéger les investissements publics et de garantir leur durabilité. C’est précisément sur cet enjeu que repose le partenariat entre le FEICOM et l’ONACC. Signée par leurs directeurs généraux respectifs, Philippe Camille Akoa et Amougou Joseph Armathé, cette convention de trois ans renouvelable vise à renforcer la prise en compte des données climatiques dans la planification et la réalisation des projets des CTD. Elle traduit une volonté commune de faire de la connaissance scientifique et de l’accompagnement financier des leviers complémentaires au service du développement territorial.
Anticiper les risques pour bâtir des territoires plus résilients.
L’un des principaux apports de cette convention réside dans sa capacité à rapprocher la décision locale des réalités climatiques. En disposant de données plus pertinentes sur les risques auxquels leurs territoires sont exposés, les communes et les régions pourront mieux orienter leurs choix d’investissement, hiérarchiser leurs priorités et identifier les solutions les plus adaptées à leurs populations. L’expertise de l’ONACC constitue, à cet égard, un appui essentiel. Ses données climatiques, ses prévisions, son expérience et ses analyses peuvent contribuer à identifier les zones vulnérables, à mieux comprendre les phénomènes susceptibles de menacer les infrastructures et à éclairer les décisions des exécutifs locaux et par ailleurs le top management du FEICOM. Concrètement, une commune exposée aux inondations pourra mieux documenter les risques afin de préparer des projets d’assainissement et de protection des zones sensibles. Dans les territoires agricoles, les informations climatiques pourront orienter le choix des cultures et encourager des pratiques adaptées aux variations des précipitations. De même, la construction et la réhabilitation des infrastructures pourront davantage intégrer les contraintes environnementales afin de réduire leur vulnérabilité. L’enjeu est de passer d’une gestion des conséquences des catastrophes à une véritable culture de l’anticipation.

En intégrant la dimension climatique dans leurs projets, les CTD pourront contribuer à limiter les pertes économiques, à protéger les équipements collectifs et à préserver les moyens de subsistance des populations. Cette approche donne également une nouvelle portée à l’investissement public local: il ne s’agit plus seulement de réaliser des équipements, mais de s’assurer qu’ils pourront résister aux contraintes climatiques et continuer à répondre aux besoins des populations sur le long terme.
Le FEICOM et l’ONACC, une complémentarité au service de projets crédibles.
Au-delà de la prévention des risques, cette convention ouvre des perspectives en matière de préparation et de structuration des projets locaux. Car, pour bâtir des territoires résilients, les collectivités doivent non seulement identifier leurs vulnérabilités, mais aussi disposer de solutions techniquement pertinentes et financièrement réalisables. C’est ici que la complémentarité entre les deux institutions prend tout son sens. L’ONACC apporte une expertise scientifique avérée permettant de mieux caractériser les risques climatiques et de justifier les interventions envisagées. Le FEICOM, pour sa part, intervient dans le financement et l’accompagnement du développement local, avec la possibilité de contribuer à une meilleure structuration financière des initiatives portées par les collectivités. Cette articulation peut aider les collectivités territoriales à dépasser les projets conçus sans évaluation suffisante des risques pour élaborer des dossiers mieux documentés, assortis d’objectifs précis et de résultats mesurables. La qualité de cette préparation est déterminante pour les investissements dans l’agriculture durable, l’assainissement, la protection des ressources naturelles, la restauration des terres dégradées ou encore la réalisation d’infrastructures résilientes.
En associant la connaissance des réalités locales aux données scientifiques et à une approche financière structurée, le partenariat peut ainsi contribuer à améliorer la pertinence des investissements publics, tout en renforçant leur capacité à produire des effets durables. Pour les populations, l’impact attendu est concret: des infrastructures mieux adaptées, des activités économiques moins vulnérables, une meilleure protection des espaces habités et des services collectifs plus résistants aux aléas climatiques.
Des CTD mieux préparées à mobiliser les financements climatiques internationaux.
La résilience territoriale exige toutefois des ressources à la hauteur des besoins. Or, les collectivités ne peuvent pas toujours financer seules les investissements nécessaires à l’adaptation de leurs territoires. La mobilisation de financements complémentaires devient donc un enjeu stratégique. À travers cette convention, le FEICOM entend également contribuer à renforcer la capacité des CTD à préparer des projets susceptibles de bénéficier des opportunités de financement climatique, notamment auprès des mécanismes et partenaires internationaux. Pour accéder à ces ressources, les collectivités doivent pouvoir démontrer la réalité des risques auxquels elles sont confrontées, justifier les solutions proposées et présenter des projets techniquement solides, financièrement cohérents et porteurs de résultats mesurables. Les données de l’ONACC peuvent contribuer à consolider cette démonstration, tandis que l’accompagnement du FEICOM peut favoriser une meilleure structuration des initiatives locales. Cette perspective prend une importance particulière dans un contexte où les financements climatiques constituent une source potentielle de soutien aux politiques d’adaptation et de développement durable. Elle pourrait permettre aux collectivités de diversifier les ressources mobilisables pour répondre aux défis de leurs territoires, sous réserve de satisfaire aux critères d’éligibilité des dispositifs concernés. Le FEICOM s’est lui-même engagé dans un processus d’accréditation lié au financement de l’adaptation aux changements climatiques. Cette démarche témoigne de l’intérêt porté à ces mécanismes, sans préjuger de son issue ni garantir automatiquement l’accès aux financements internationaux.

Pour Camille Akoa, l’enjeu consiste ainsi à renforcer la capacité d’action des collectivités en rapprochant les besoins locaux des exigences des financements disponibles. Les communes et les régions sont appelées à devenir des acteurs mieux préparés, capables de transformer leurs priorités en projets structurés et de défendre leurs initiatives auprès des partenaires techniques et financiers.
Une nouvelle dynamique pour le développement territorial durable.
La portée de cette convention dépasse donc le seul partage d’informations climatiques. Elle repose sur une articulation entre trois exigences essentielles: anticiper les risques, améliorer la qualité des investissements et renforcer la capacité de mobilisation des ressources. Sa réussite dépendra notamment de la capacité des CTD à s’approprier les outils scientifiques, à intégrer les enjeux climatiques dans leurs documents de planification et à traduire les recommandations en projets concrets. Elle nécessitera également une coordination durable entre les institutions, les collectivités, les partenaires financiers et les populations bénéficiaires. À terme, cette coopération pourrait contribuer à faire évoluer les pratiques de développement local vers une planification plus préventive, des investissements mieux sécurisés et une utilisation plus efficace des ressources disponibles.
En rapprochant l’expertise de l’ONACC des capacités d’accompagnement du FEICOM, Philippe Camille Akoa inscrit ainsi l’action de son institution dans une perspective où le financement local devient un instrument de résilience territoriale. L’ambition étant de faire des CTD des acteurs capables non seulement de répondre aux besoins immédiats des populations, mais aussi d’anticiper les menaces climatiques, de protéger les acquis du développement et de préparer l’avenir. Car bâtir des territoires résilients, c’est donner aux collectivités les moyens de mieux résister aux crises, de préserver leurs investissements et de garantir aux générations futures des conditions de vie plus sûres et plus durables.
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