Présent au Salon Interprofession de l’Aquaculture du Cameroun (SIAC 2026), l’Interprofessionnelle des opérateurs de la Pêche Camerounaise (INOPEC) met en avant les avancées réalisées dans le secteur halieutique, notamment en matière d’aquaculture marine. Entre structuration des acteurs, lutte contre la pêche illicite et promotion de pratiques durables, l’organisation entend jouer un rôle déterminant dans le développement de la filière pêche au Cameroun.
Par Gervais Fredy M

À l’occasion du Salon Interprofession de l’Aquaculture du Cameroun (SIAC 2026), ouvert le 2 juin à Yaoundé sous la présidence du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, l’Interprofessionnelle des opérateurs de la Pêche Camerounaise (INOPEC) entend mettre en avant son rôle majeur dans la structuration et la modernisation de la filière halieutique nationale.
Organisation fédératrice du secteur, l’INOPEC rassemble les acteurs de la pêche industrielle, semi-industrielle et artisanale. Elle œuvre également à l’intégration d’autres maillons essentiels de la chaîne de valeur, notamment les pêcheurs, les constructeurs de bateaux, les mécaniciens marins ainsi que les vendeurs de filets et d’équipements de pêche. Pour cette édition du SIAC, l’organisation souhaite présenter son niveau d’implication dans le développement du secteur ainsi que les réalisations enregistrées ces dernières années, avec un accent particulier sur l’aquaculture marine. Une activité encore peu connue du grand public, souvent réduite à l’élevage de poissons en bacs ou en étangs.
« L’aquaculture ne se pratique pas uniquement en bassins ou en étangs. Elle peut également être développée en haute mer grâce à des structures flottantes adaptées », explique Yves Nga, Secrétaire général de l’INOPEC.
Afin d’accompagner les promoteurs de cette activité innovante, l’organisation met à leur disposition son expertise et ses moyens logistiques. « Nous les accompagnons dans la construction et l’installation de leurs structures flottantes, ainsi que dans les opérations de contrôle et de suivi. Beaucoup d’entre eux ne disposent pas encore des embarcations nécessaires pour mener ces activités », souligne-t-il.
Pour les professionnels du secteur, l’aquaculture constitue aujourd’hui une réponse concrète à plusieurs défis auxquels fait face le Cameroun, notamment la sécurité alimentaire, la réduction des importations de produits halieutiques et la création d’emplois. Au-delà de l’accompagnement technique, l’INOPEC mène un important travail de structuration des acteurs. L’organisation facilite leur représentation auprès des administrations publiques, des établissements bancaires et des compagnies d’assurances afin de renforcer leur crédibilité et leur accès aux financements.

« Notre mission est de fédérer les acteurs pour accroître leur impact et organiser l’activité de manière à ce qu’elle soit véritablement génératrice de revenus pour les professionnels », affirme Yves Nga.
Les résultats de cette démarche sont déjà visibles sur le terrain. Plusieurs regroupements et associations syndicales de pêcheurs ont vu le jour dans des localités stratégiques telles que Youpwé, Tiko, Bois des Singes, Limbé et Kribi, favorisant ainsi une meilleure organisation de la profession. Sur le segment de la pêche industrielle, l’INOPEC travaille en étroite collaboration avec la FAO. Ensemble, ils multiplient les initiatives visant à lutter contre la pêche illicite et à promouvoir les bonnes pratiques du secteur.
« Nous organisons régulièrement des ateliers de formation et de sensibilisation afin de garantir une pêche durable, respectueuse des ressources halieutiques et compétitive à l’échelle internationale », indique le Secrétaire général.
L’organisation assure également des interventions en mer pour assister les pêcheurs confrontés à des difficultés lors de leurs activités. Grâce à ces différentes actions, l’INOPEC estime contribuer significativement à l’amélioration de la gouvernance du secteur et au renforcement de l’image du Cameroun sur la scène internationale. « Nous travaillons à sortir le Cameroun de la zone rouge en matière de pêche », conclut Yves Nga.
Par sa présence au SIAC 2026, l’INOPEC réaffirme ainsi son ambition de faire de la pêche et de l’aquaculture des leviers essentiels du développement économique et de la souveraineté alimentaire du Cameroun.
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