Réuni à Istanbul, en Turquie, dans le cadre du Sommet mondial des femmes, le Cameroun a mis en avant son expérience en matière de Budget Sensible au Genre (BSG). À travers une intervention remarquée de la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, le pays a plaidé pour l’adoption de meilleures pratiques budgétaires afin de renforcer l’autonomisation des femmes et des filles.
Par Gervais Fredy M

Le Sommet mondial des femmes a servi de cadre à des échanges de haut niveau sur les politiques publiques favorisant l’égalité des sexes et l’inclusion économique. Les travaux ont été ouverts et modérés par le ministre turc de la Famille et des services sociaux, Mahinur Özdemir Göktaş, qui a accueilli les différentes délégations venues des quatre coins du monde. Aux côtés des représentants de la Thaïlande, du Zimbabwe, de la Croatie et du Cameroun, plusieurs personnalités ont pris part aux discussions, notamment Mme Lilian Efenge, représentante des Services du Premier ministre du Cameroun, Andreaja Metelko-Zgombić, ministre croate des Affaires étrangères, ainsi qu’Irène Natividad, présidente du Sommet mondial des femmes.
Lors des échanges, le Cameroun a présenté les avancées réalisées dans la mise en œuvre du Budget Sensible au Genre (BSG), considéré comme un instrument stratégique de réduction des inégalités et de promotion d’une croissance inclusive. Selon la ministre Marie Thérèse Abena Ondoa, « le BSG représente un engagement durable à transformer les politiques publiques en leviers d’autonomisation des femmes et des filles ». Elle a par ailleurs rappelé que cette démarche s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de mieux intégrer la dimension genre dans les politiques de développement, notamment à travers la circulaire signée en 2010 par le Chef de l’État, prescrivant la prise en compte du budget genre dans les documents budgétaires des administrations publiques.

Tout en saluant les progrès enregistrés, Marie Thérèse Abena Ondoa a souligné que des défis importants demeurent. Les inégalités de représentation restent perceptibles à divers niveaux: au sein des exécutifs communaux où l’on ne compte que 39 femmes maires sur 360, soit 10,8 %. La situation est également préoccupante à la tête des formations politiques, avec seulement 13 femmes dirigeantes sur 291 partis politiques, représentant 4,9 %.
L’expérience camerounaise, présentée comme le fruit d’une évolution progressive, a suscité l’intérêt des participants. En marge des travaux, des discussions ont également porté sur les possibilités de signature d’un mémorandum d’entente entre les ministères compétents du Cameroun et de la Turquie, en vue de renforcer leur coopération dans les domaines liés à la promotion de la femme et à l’inclusion sociale.
Très appréciée par l’assistance, la prise de parole de la délégation camerounaise a été saluée comme le témoignage d’un pays résolument engagé dans un changement de paradigme en faveur d’une gouvernance plus inclusive et sensible aux questions de genre.
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