Réunis à Yaoundé le 3 juin 2026, les membres de l’Association nationale des institutions privées d’enseignement supérieur (ANIPES) ont tenu un atelier consacré aux stratégies de réponse face aux défis du secteur. Entre réformes organisationnelles, innovations financières et plaidoyer pour un meilleur encadrement réglementaire, l’association entend consolider sa place dans le paysage de l’enseignement supérieur camerounais.
Par Gervais Fredy M

L’Association nationale des institutions privées d’enseignement supérieur (ANIPES) a organisé un atelier stratégique visant à définir les réponses appropriées aux nombreux défis auxquels fait face le secteur de l’enseignement supérieur privé au Cameroun. Les travaux se sont déroulés en présence de l’Inspecteur général des affaires académiques du ministère de l’Enseignement supérieur, le Pr Djodo Fouda, de sa présidente nationale ainsi que de plusieurs promoteurs d’instituts privés d’enseignement supérieur. Au menu de cette rencontre figuraient notamment la lecture des résolutions issues de l’Assemblée générale de Nkoladom tenue les 30 et 31 mars 2026, l’installation du bureau régional de l’ANIPES pour le Centre, ainsi que la mise en place des différentes commissions chargées de mettre en œuvre les recommandations adoptées lors de cette assemblée.
L’un des temps forts de la rencontre a été la création de l’ANIPES Finance, un nouvel instrument destiné à accompagner les établissements membres dans le financement de leurs projets. Son directoire a été validé au cours des travaux. Selon les responsables de l’association « C’est un jour de victoire ». Cette structure dispose déjà d’un capital de plus de 520 millions de francs CFA. Son lancement officiel est annoncé avant le 1er septembre prochain. Dans la même dynamique de modernisation, les participants ont également procédé au lancement d’un guichet unique, conçu pour simplifier les démarches administratives et améliorer les services offerts aux institutions membres.

S’exprimant au nom du nouveau bureau régional du Centre, son responsable, Jean-Marie Ningolobell, promoteur de l’Institut supérieur des technologies médicales (ISTM), a souligné la nécessité de fédérer davantage d’établissements autour de l’association. « Il s’agit de mobiliser le maximum d’instituts d’enseignement supérieur afin qu’ils rejoignent l’association pour que la dynamique collective soit plus forte », a-t-il déclaré. Pour lui, l’ANIPES constitue un outil de gestion efficace des instituts au service de la tutelle ministérielle. Il a également invité les établissements à adhérer à l’ANIPES Finance afin de disposer des moyens nécessaires à une formation optimale et efficiente.
Prenant la parole à son tour, le Pr Djodo Fouda a dressé un état des lieux sans complaisance des difficultés qui fragilisent le secteur. Parmi les principales préoccupations évoquées figurent les insuffisances du cadre réglementaire, la prolifération d’instituts privés sans ressources humaines qualifiées et certaines pratiques liées au tutorat universitaire. À ce sujet, il a annoncé l’ouverture d’une enquête visant à faire la lumière sur de présumées sommes versées à certains responsables universitaires dans le cadre du tutorat des établissements privés. L’Inspecteur général a par ailleurs relevé les avancées enregistrées dans le cadre de la loi d’orientation de l’enseignement supérieur, estimant qu’elles traduisent l’importance accordée par l’État aux acteurs privés du secteur éducatif. Il a également rappelé la nouvelle classification des établissements, distinguant les Universités privées de catégorie 1, les Centres universitaires de catégorie 2 et les Instituts universitaires de catégorie 3.

Face aux nombreux défis du secteur, le représentant du ministère a lancé un appel en faveur d’une gouvernance exemplaire au sein des établissements privés d’enseignement supérieur, condition indispensable selon lui pour garantir la qualité de la formation et la crédibilité des diplômes. Concernant le différend opposant l’ANIPES à l’Ordre national des médecins du Cameroun au sujet de la prestation de serment des étudiants diplômés de certains instituts, les responsables de l’association ont indiqué qu’une procédure judiciaire demeure en cours et que le dossier suit son cheminement devant les juridictions compétentes. À travers les résolutions adoptées à Yaoundé, l’ANIPES affiche sa volonté de renforcer son organisation interne, d’améliorer l’accompagnement de ses membres et de contribuer davantage au développement d’un enseignement supérieur privé performant et mieux encadré au Cameroun.
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