Une affaire de grand banditisme à Douala soulève de graves interrogations sur la sécurité à la prison centrale de New Bell, après la découverte d’un réseau de cambrioleurs dont le chef présumé serait un détenu censé être incarcéré.
Par l’oeil du cyclone.

À Douala, la gendarmerie nationale a récemment démantelé un réseau de cambrioleurs organisé, présenté comme une véritable structure criminelle bien rodée mettant en mal les plusieurs villes. À sa tête, Tchatchoua Ovide Constant, alias « Manager », 43 ans, épaulé par Kenfack Jean, dit « Gouffo Cédric », 35 ans, sont soupçonnés d’avoir multiplié les opérations de cambriolage dans la capitale économique et ses environs. Le groupe est notamment accusé d’avoir vidé un magasin de moteurs de motos, causant des pertes estimées à plus de 60 millions de FCFA. Les enquêteurs indiquent que d’importantes quantités de marchandises auraient été transportées avec une organisation minutieuse.
Mais le fait le plus troublant de cette affaire concerne le principal suspect, présenté comme détenu à la prison centrale de New Bell. Selon plusieurs sources, il aurait pourtant circulé librement entre Douala, Yaoundé et Bertoua pour coordonner ses activités criminelles et écouler les biens volés. Cette situation soulève de sérieuses questions sur le fonctionnement du système pénitentiaire. Comment un détenu peut-il se retrouver en « villégiature » hors de sa cellule tout en poursuivant des activités criminelles ? S’agit-il de failles internes, de complicités, ou d’éventuels réseaux de corruption permettant des sorties non autorisées ?

Au-delà du fait divers, cette affaire interpelle sur la responsabilité des autorités pénitentiaires et sur les risques d’un système où des personnes censées être incarcérées continueraient d’opérer en toute liberté, au détriment de la sécurité publique.
