Au Salon de l’Action Gouvernementale acte 15, la Communauté Urbaine de Kribi dirigée par Guy Emmanuel Sabikanda a dévoilé une ambitieuse stratégie de transformation écologique fondée sur l’économie circulaire. Objectif: convertir les défis environnementaux en opportunités économiques et faire de la cité balnéaire une référence nationale en matière de développement durable.
Par Gervais Fredy Memana

Confrontée à une urbanisation accélérée, à une forte croissance démographique et à une pression grandissante sur ses ressources naturelles, la ville de Kribi entend changer de paradigme. Le 12 juin 2025, à l’occasion du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO), la Communauté Urbaine de Kribi a présenté sa vision d’une ville résiliente, capable de concilier croissance économique, protection de l’environnement et inclusion sociale. La délégation, conduite par Dang Essindi Daniel, Chef de Division de la Planification et des Études et représentant du Maire de la Ville de Kribi, comprenait également Issouck Rostande Marguerite, Chef de la Cellule de Suivi, ainsi que Ndengue Mbock Franck, cadre au Service Juridique de la Communauté Urbaine. Face à un auditoire attentif, les responsables municipaux ont dressé le portrait d’une ville en pleine mutation.
L’essor du complexe industrialo-portuaire, l’attractivité économique de la cité balnéaire et l’arrivée constante de nouvelles populations alimentent une dynamique de croissance sans précédent. Mais cette expansion rapide s’accompagne aussi de défis majeurs en matière d’aménagement urbain, de gestion foncière et de préservation de l’environnement.

Parmi les urgences identifiées figure la gestion des déchets. Chaque jour, près de 130 tonnes de déchets sont produites à Kribi, dont une part importante échappe encore aux circuits de collecte. Les conséquences sont visibles: pollution des espaces publics, dégradation des sols, obstruction des caniveaux, contamination des cours d’eau et fragilisation d’écosystèmes sensibles tels que les mangroves. « Polluer est facile, mais dépolluer coûte extrêmement cher », a rappelé le Chef de la délégation, insistant sur l’importance d’une action préventive et durable pour préserver le cadre de vie des populations. Pour relever ces défis, la Communauté Urbaine de Kribi mise sur une approche innovante fondée sur la diplomatie environnementale, l’anticipation des risques et surtout la transition vers l’économie circulaire. Un modèle qui rompt avec le schéma traditionnel « produire-consommer-jeter » en privilégiant la réutilisation, le recyclage et la valorisation des ressources.
Présentant cette vision, Ndengue Mbock Franck a souligné que les déchets ne doivent plus être considérés comme un simple problème à éliminer, mais comme une véritable ressource économique. La collecte, le tri et la transformation des matières recyclables peuvent générer de nouvelles activités, favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et créer des emplois verts durables. Au-delà de la question des déchets, les échanges ont également porté sur des enjeux stratégiques tels que la maîtrise de l’urbanisation, la gestion du foncier et la préservation des espaces naturels. Une attention particulière a été accordée à l’érosion côtière, phénomène qui menace progressivement certaines zones du littoral kribien. Pour faire face à cette problématique, la ville envisage de renforcer sa coopération internationale, notamment avec la municipalité de Rio de Janeiro, reconnue pour son expérience dans la protection du littoral et la lutte contre l’érosion des berges.

À travers sa participation au SAGO 2025, la Communauté Urbaine de Kribi affirme ainsi sa volonté de transformer les contraintes environnementales en leviers de développement. Une ambition qui pourrait faire de la cité balnéaire un laboratoire de l’économie verte au Cameroun et un modèle de ville durable pour les générations futures.
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