La lutte contre la criminalité faunique dans la région de l’Est du Cameroun franchit une nouvelle étape avec la tenue, du 3 au 5 juin 2026 à Yokadouma, d’un atelier de renforcement des capacités destiné aux acteurs engagés dans la protection de la biodiversité autour du Parc National de Lobéké. Cette initiative a réuni plus de 60 participants issus de divers horizons, notamment des écogardes, des représentants des communautés locales, des forces de sécurité, des magistrats, des membres de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Cameroun, des sociétés forestières ainsi que des organisations de la société civile.
Par Gervais Fredy M.

Organisé par le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) avec l’appui technique et financier du WWF Deutschland et du programme GEF 7 CBSL IP Cameroon, cet atelier visait à renforcer les compétences des acteurs de terrain dans la lutte contre le braconnage et les autres formes de criminalité faunique, tout en veillant au respect des droits de l’homme dans les opérations de conservation. Au cours des travaux, les participants ont approfondi leurs connaissances sur les mécanismes de répression des infractions liées à la faune, les innovations introduites par la nouvelle loi forestière et faunique du 24 juillet 2024, ainsi que les principes fondamentaux des droits humains. Cette approche intégrée permet de mieux concilier les impératifs de conservation avec la protection des droits des populations vivant à proximité des aires protégées.
Les bénéfices de cette formation sont multiples. Pour les écogardes, elle offre des outils pratiques pour mener des opérations plus efficaces et conformes aux normes nationales et internationales. Pour les communautés locales, elle favorise une meilleure compréhension de leur rôle dans la préservation des ressources naturelles et renforce leur participation aux actions de conservation. Quant aux acteurs judiciaires et aux forces de sécurité, l’atelier contribue à une meilleure coordination dans le traitement des infractions environnementales.

Au-delà du renforcement des capacités individuelles, cette rencontre consolide la collaboration entre les différentes parties prenantes impliquées dans la gestion durable des ressources fauniques. Elle contribue également à instaurer un climat de confiance entre les services de conservation et les communautés locales, un facteur essentiel pour garantir l’efficacité des stratégies anti-braconnage. Depuis 2020, ce type d’initiative s’inscrit dans une dynamique visant à promouvoir une conservation plus inclusive autour du Parc National de Lobéké. Les résultats attendus se traduisent par une réduction des activités illégales liées à la faune, une meilleure application de la législation en vigueur et une prise en compte accrue des droits des peuples autochtones et des communautés locales. Autant d’éléments qui renforcent les perspectives d’une gestion durable de la biodiversité dans cette zone stratégique du bassin du Congo.
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