Du dialogue institutionnel aux projets concrets sur le terrain, Pierre De Gaëtan Njikam entend faire de la diaspora camerounaise un véritable partenaire du développement local. À travers les premières Assises de l’Association des Élus en France d’origine ou de nationalité camerounaise (EFRACAM), son équipe a engagé une démarche fondée sur le co-investissement, l’échange d’expertise et l’accompagnement des collectivités territoriales décentralisées.
Par Céline Claire

Au-delà des débats institutionnels qui entourent aujourd’hui la gouvernance d’EFRACAM, une dynamique se dégage: celle d’une volonté de rapprocher les élus de la diaspora des réalités quotidiennes des collectivités camerounaises. À la tête de l’association, Pierre De Gaëtan Njikam défend une approche résolument tournée vers le terrain. Les premières Assises d’EFRACAM, organisées sous le Haut Patronage du Président de la République, Paul Biya, ont ainsi été conçues comme un espace de dialogue entre élus issus de la diaspora, responsables locaux et acteurs du développement. L’ambition affichée est claire: dépasser les déclarations de principe pour identifier des projets susceptibles de produire des résultats concrets dans les territoires.
Cette orientation s’est notamment illustrée à Elig-Mfomo, où les échanges ont porté sur plusieurs défis structurels auxquels sont confrontées les collectivités locales: poids important de l’économie informelle, insuffisance des données statistiques, difficultés d’ingénierie de projets et contraintes budgétaires. Pour Pierre De Gaëtan Njikam, ces réalités imposent de revoir les modalités d’intervention de la diaspora. L’enjeu n’est plus seulement de soutenir ponctuellement les territoires, mais de contribuer à la création d’activités économiques et d’emplois.

Dans cette perspective, les discussions autour de la transformation locale du cacao et du manioc illustrent une volonté de privilégier la création de valeur au Cameroun. Transformer les matières premières sur place, développer les chaînes de production et renforcer les capacités locales constituent autant de pistes destinées à favoriser une économie plus productive et à offrir de nouvelles perspectives aux jeunes.
La diaspora ne doit pas être considérée uniquement comme une source de financement ou d’assistance, mais comme un réservoir de compétences, de réseaux, d’expériences et de capacités d’investissement. C’est dans cet esprit que les Assises ont cherché à rapprocher les élus de la diaspora des collectivités territoriales décentralisées. L’objectif consiste notamment à faciliter l’identification des besoins, la conception des projets et la mobilisation des compétences nécessaires à leur réalisation. Cette approche trouve également une traduction dans les actions de solidarité. À Elig-Mfomo, la remise de matériel médical à l’hôpital de district: fauteuils roulants, déambulateurs, cannes et autres équipements a donné une dimension concrète à cette volonté d’agir au plus près des populations.

La démarche portée par Pierre De Gaëtan Njikam se veut donc à la croisée de l’engagement institutionnel et de l’action locale. Les défis restent nombreux: financement des projets, accompagnement technique des communes, mobilisation des partenaires et transformation des initiatives en programmes durables. La réussite d’une telle ambition dépendra de la capacité des différents acteurs à travailler dans la durée et à inscrire leurs actions dans les mécanismes existants du développement local. Mais l’expérience menée dans plusieurs territoires montre déjà une orientation: celle d’une diaspora qui cherche à passer du soutien ponctuel à un partenariat structuré avec les collectivités. Dans un contexte où les relations entre le Cameroun et sa diaspora constituent un enjeu croissant, Pierre De Gaëtan Njikam entend ainsi défendre une conception pragmatique de l’engagement: être présent sur le terrain, écouter les besoins, mobiliser les compétences et contribuer à faire émerger des projets capables de créer de la valeur. C’est peut-être là que se situe l’essentiel de la démarche engagée avec EFRACAM: faire de la diaspora non seulement une communauté attachée à son pays d’origine, mais aussi un acteur capable de participer directement à son développement.
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