L’affaire des lunettes du Ministre Alamine Ousmane Mey n’est que le révélateur d’un malaise qui existait déjà dans les rapports entre le MINEPAT et la presse. Derrière l’interpellation de quatre journalistes et leur libération sans charge finalement retenue, c’est le comportement des services de la communication et de relations publiques qui est aujourd’hui directement questionné. Pour le SPIC, le temps est venu de dire stop et d’imposer, par le boycott des activités du ministère, un retour au respect et à la dignité professionnelle.
Par Ghislain ler

L’affaire des lunettes aura surtout permis de mettre en pleine lumière un malaise que beaucoup de journalistes subissent depuis longtemps au MINEPAT. Avant cet épisode, les griefs étaient déjà nombreux: manque de considération, attitudes condescendantes, rapports difficiles avec certains responsables de la communication et des relations publiques, sentiment d’être sollicités lorsqu’il faut assurer la visibilité des activités du ministère, puis traités avec indifférence ou dédain lorsqu’il s’agit de reconnaître le travail accompli. Les quatre journalistes interpellés le 16 septembre 2026 au Palais des Congrès, conduits dans des commissariats et finalement libérés le 21 septembre sans charge retenue contre eux, ont donné à ce malaise une dimension nouvelle.
Le problème est donc bien plus profond qu’une paire de lunettes. Ce que cette affaire révèle, c’est une relation devenue profondément déséquilibrée entre le services de la communication et de relations publiques du MINEPAT et les professionnels des médias. Le journaliste est sollicité pour couvrir, relayer et valoriser les activités du ministère, mais trop souvent, selon les témoignages et griefs exprimés dans la profession, considéré ensuite comme un simple exécutant, voire comme quelqu’un à qui l’on peut parler avec dédain.
Le ministre lui-même, par son attitude dans cette affaire, même si son service de communication affirme qu’il n’a ni porté plainte ni saisi la police concernant ses lunettes, il apparaît aux yeux d’une partie de la corporation comme n’ayant pas suffisamment marqué une rupture avec ces pratiques. Le SPIC a donc raison de placer la dignité au cœur de sa riposte. Son appel au boycott des activités du MINEPAT jusqu’à nouvel ordre ne doit pas être considéré comme une simple réaction d’humeur, mais comme un acte de solidarité professionnelle face à un malaise devenu trop profond.

Boycotter les activités du ministère ne signifie pas renoncer à informer le public: cela signifie refuser de normaliser des rapports dans lesquels le journaliste aurait le sentiment d’être respecté lorsqu’on a besoin de lui et méprisé lorsqu’il réclame simplement la considération due à son métier. Le boycott devient ainsi un impératif collectif: pas pour censurer, pas pour se taire, mais pour rappeler que le journaliste n’est ni un mendiant, ni un figurant, ni un auxiliaire de communication de l’administration.
Au-delà des lunettes, il faut donc traiter le mal à la racine. Il faut des explications sur les circonstances de l’interpellation des quatre journalistes, des excuses si des torts sont établis, la prise en compte des préjudices éventuellement subis et surtout une remise à plat des rapports entre le MINEPAT, ses services de communication et la presse. Le ministre et ses collaborateurs doivent comprendre qu’on ne construit pas une relation saine avec les médias dans le mépris ou la condescendance. Le mot d’ordre est désormais clair: boycott des activités du MINEPAT jusqu’à nouvel ordre, afin de restaurer une coopération fondée sur le respect, la considération et la dignité. Le dossier des lunettes n’a pas créé le problème ; il l’a simplement rendu impossible à ignorer.
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