Le renforcement des interconnexions entre le Cameroun, le Gabon et la République du Congo se précise. Réunis autour du projet CAB-CORRIDOR, les responsables de CAMTEL et de SPIN Gabon veulent franchir une nouvelle étape dans la construction d’un espace numérique régional plus intégré, résilient et performant.
Par Céline Claire NA

L’Afrique centrale veut renforcer ses autoroutes numériques. À Yaoundé, le Directeur Général de CAMTEL, Judith Yah Sunday épse Achidi, a reçu le Directeur Général de la Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques (SPIN) du Gabon, Bertrand Mahoukou Bitchinda, pour une séance de travail consacrée au développement des interconnexions numériques dans la sous-région. Au centre des discussions: CAB-CORRIDOR, une initiative qui ambitionne de consolider les liaisons terrestres entre le Cameroun, le Gabon et la République du Congo, en s’appuyant notamment sur la Dorsale à fibre optique d’Afrique centrale (CAB). Le projet s’inscrit dans une logique de mutualisation et de valorisation des infrastructures déjà disponibles, avec pour objectif de faciliter davantage la circulation des données entre les pays concernés.
Au-delà de la construction ou de l’interconnexion des réseaux, l’enjeu est de donner une nouvelle dimension aux infrastructures numériques transfrontalières. CAB-CORRIDOR entend ainsi mieux exploiter les connexions existantes afin d’intensifier les échanges numériques au sein de la CEMAC. Cette approche répond à un enjeu stratégique pour une région où la transformation numérique prend une place croissante dans les économies, les services publics et les échanges commerciaux. Une connectivité régionale plus fluide peut notamment contribuer à réduire les ruptures de liaison, à améliorer la continuité des services numériques et à renforcer les capacités d’acheminement des données entre les différents marchés.

Pour CAMTEL et SPIN Gabon, l’ambition est également de renforcer la résilience des infrastructures numériques de l’Afrique centrale. La multiplication et la diversification des voies d’interconnexion constituent, à cet égard, un enjeu majeur pour sécuriser les communications et accompagner l’augmentation continue des usages numériques.
La rencontre entre les deux dirigeants intervient alors que les accords entre les opérateurs partenaires ont déjà été signés. Le projet entre désormais dans une phase consacrée à la définition de ses modalités concrètes de mise en œuvre. Les prochaines étapes sont attendues au cours du mois d’octobre 2026, avec la poursuite des travaux techniques et opérationnels destinés à préciser le cadre de déploiement de CAB-CORRIDOR. Cette phase sera déterminante pour transformer les engagements pris en mécanismes opérationnels capables de produire des résultats à l’échelle sous-régionale.
À terme, CAB-CORRIDOR pourrait contribuer à faire du numérique un vecteur encore plus important de l’intégration en Afrique centrale. Une meilleure interconnexion entre les réseaux nationaux doit permettre de faciliter les échanges de données, d’accompagner le développement des services numériques et de soutenir les activités économiques qui dépendent désormais fortement de la connectivité. L’enjeu dépasse donc la seule coopération entre deux opérateurs. Il touche à la capacité de la sous-région à disposer d’un écosystème numérique interconnecté, capable de soutenir la transformation digitale des États, des entreprises et des populations.
Avec CAB-CORRIDOR, le Cameroun, le Gabon et la République du Congo inscrivent ainsi leur coopération dans une dynamique plus large: celle d’une Afrique centrale où les infrastructures numériques ne constituent plus seulement des réseaux nationaux, mais deviennent des passerelles au service de l’intégration régionale.
La Rédaction: 676 26 12 02 02.
