Malgré un potentiel colossal, l’Afrique ne représente encore qu’environ 2 à 3 % de la production manufacturière mondiale, et son secteur industriel ne pèse qu’environ 12 % du PIB continental. Manque d’infrastructures, déficit énergétique, faible financement de l’industrie et dépendance aux exportations de matières premières freinent sa capacité à se transformer localement. C’est dans ce contexte que s’est tenue à Yaoundé ce 21 novembre, la 36ᵉ Journée de l’Industrialisation de l’Afrique, placée cette année sous le thème de la durabilité, de l’intégration régionale et de l’innovation.
«Impulser la transformation économique du continent grâce à une industrialisation durable, à une meilleure intégration régionale et à l’innovation ». Réunis ce jour au Ministère du Commerce, responsables publics, partenaires internationaux et acteurs du secteur productif ont participé à la célébration de la 36ᵉ Journée de l’Industrialisation de l’Afrique (JIA), présidée par le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim, Pr FUH Calistus Gentry. Cette édition intervient dans un contexte où l’Afrique peine encore à décoller industriellement. Le continent reste marqué par un déficit énergétique estimé à plus de 600 millions de personnes sans accès à l’électricité, un coût logistique parmi les plus élevés au monde, et un taux de transformation locale des ressources naturelles inférieur à 20 %. À cela s’ajoutent un tissu industriel fragmenté, des marchés régionaux peu intégrés et une forte dépendance à l’exportation de produits bruts.
Une mobilisation pour relever les défis structurels.
La JIA vise justement à attirer l’attention sur ces obstacles et à encourager une réflexion collective. « Notre continent regorge de ressources, mais sans outils industriels performants, nous continuerons de créer de la richesse ailleurs plutôt qu’en Afrique », a rappelé le Ministre FUH Calistus Gentry dans son allocution. Il a insisté sur la nécessité d’investir dans l’énergie, la formation technique et la compétitivité des entreprises locales. Selon lui, l’industrialisation ne peut être envisagée sans un engagement massif dans les chaînes de valeur régionales : « Nous devons construire des industries capables d’alimenter nos marchés régionaux et de répondre aux standards internationaux. Seule une industrialisation durable et innovante permettra à l’Afrique de peser dans l’économie mondiale. »
L’appel de l’ONUDI: transformer localement pour créer la valeur.
Présent à la cérémonie, le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) a rappelé les enjeux de la transformation structurelle du continent. « L’Afrique exporte chaque année des milliards de dollars de matières premières, mais n’en transforme qu’une infime partie. Cette situation prive le continent de millions d’emplois potentiels, » a-t-il souligné.
Il a également réaffirmé l’engagement de l’ONUDI à soutenir les États africains dans le développement de filières industrielles durables, particulièrement dans l’agro-industrie, les matériaux de construction et les industries de transformation minière. L’événement a été l’occasion de rappeler que la compétitivité africaine passe aussi par l’amélioration de l’environnement des affaires, l’harmonisation des normes industrielles et la réduction des barrières commerciales internes. Les participants ont ainsi insisté sur le rôle majeur de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), considérée comme un levier essentiel pour stimuler la production locale et créer un marché de plus d’un milliard de consommateurs.
La cérémonie s’est déroulée en présence du représentant du Bureau sous-régional de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA/BSR-AC), du représentant de l’ONUDI, de l’ANOR, des responsables du MINMIDT et de plusieurs administrations publiques.
Gervais Fredy M.
