L’élection au Conseil régional du Sud n’a pas été une simple formalité institutionnelle. Elle a agi comme un électrochoc politique, révélant le malaise d’une population en quête de liberté, de renouvellement et de gouvernance responsable. Entre rejet de la discipline partisane rigide et émergence d’une jeunesse déterminée, ce scrutin envoie un message clair aux élites politiques du Cameroun et d’ailleurs.
L’élection au Conseil régional du Sud a mis en lumière des réalités profondes qui traversent aujourd’hui la vie politique locale et nationale. Loin d’être un simple rendez-vous institutionnel, ce scrutin s’est imposé comme un révélateur des aspirations populaires, des tensions générationnelles et des limites du fonctionnement politique actuel.
Les responsabilités au sein des collectivités territoriales ne sont plus perçues comme des postes de repos ou de privilèges. Elles exigent désormais engagement, compétence et sens du devoir. Or, la discipline rigide imposée par les partis politiques apparaît de plus en plus comme un frein au développement et à l’expression démocratique. Pour de nombreux observateurs, elle étouffe les initiatives, limite la liberté d’expression et éloigne les institutions des véritables préoccupations des populations.
Dans la région du Sud, ce malaise est palpable. La population se sent marginalisée, étouffée par des décisions qui ne reflètent pas toujours sa volonté. Les consignes dites « du parti » peinent à convaincre lorsqu’elles entrent en contradiction avec les aspirations populaires. De plus en plus, l’idée s’impose que la volonté du peuple demeure la meilleure garantie d’une gouvernance légitime et efficace.
Ce scrutin a également révélé une aspiration claire au renouvellement de la classe dirigeante. Malgré un climat parfois marqué par la peur et les pressions, des jeunes se sont distingués par leur courage, leur compétence et leur détermination à s’engager pour le changement. L’élection d’Éric Gervais Ndo en est l’illustration la plus marquante. Au-delà de la région du Sud, son accession au Conseil régional est perçue comme un message fort adressé au Cameroun et, plus largement, à l’Afrique: le changement est possible.
L’unité affichée entre Cathy Meba, première vice-présidente du Conseil régional, et son aîné Gervais Ndo symbolise cette nouvelle dynamique. Elle démontre que, lorsque les générations se retrouvent autour d’un idéal commun, les jeunes sont capables non seulement de porter, mais aussi de détenir le pouvoir du changement.
Cependant, cette avancée se heurte encore à des résistances. Les anciens dirigeants semblent peu disposés à céder la place dans la gestion des affaires publiques, alimentant ainsi une tension persistante entre tradition et renouveau. L’élection au Conseil régional du Sud apparaît alors comme une étape décisive, mais aussi comme un avertissement
: les populations réclament une gouvernance plus inclusive, plus libre et résolument tournée vers l’avenir.
Gervais Fredy M.
