Dans le 6ᵉ arrondissement de Yaoundé, le quartier TKC s’impose désormais comme un foyer visible de prostitution. Entre expansion rapide, dérives inquiétantes et relative discrétion des pouvoirs publics, une question s’impose: qui contrôle encore la nuit dans cette zone de la capitale ?
Par l’oeil du cyclone

À mesure que le jour s’efface, TKC change de visage. Dès les premières heures de la soirée, une autre dynamique s’installe. Les trottoirs se remplissent, les allées s’animent, et une économie nocturne bien particulière prend forme. Pour de nombreux riverains, le constat est clair: le quartier est devenu l’un des nouveaux épicentres de la prostitution à Yaoundé. Cette transformation ne s’est pas opérée brutalement. Elle s’inscrit dans un déplacement progressif du phénomène à l’échelle de la ville. Longtemps identifiés comme des points névralgiques, des secteurs comme Mvog Atangana, Ekounou ou encore l’Hypodrome semblent aujourd’hui perdre du terrain face à la montée en puissance de TKC. En cause: une pression sécuritaire accrue ailleurs et, ici, des conditions jugées plus favorables à l’activité.
Mais au-delà de la présence visible des travailleuses du sexe, ce sont certaines dérives qui suscitent l’inquiétude. Plusieurs témoignages évoquent des cas d’agression d’extorsion, parfois décrits comme des formes d’escroquerie sexuelle”.

Des clients présumés affirment avoir été contraints de payer sous pression, voire accusés dans des circonstances difficiles à établir. Autant de situations qui nourrissent un climat de méfiance et d’insécurité. Dans ce contexte, la discrétion des autorités locales interroge. Quelle réponse pour la municipalité du 6ᵉ arrondissement ? Le maire dispose pourtant de leviers en matière d’occupation de l’espace public, d’aménagement urbain ou de coordination avec les forces de l’ordre. Mais pour nombre d’habitants, ces actions restent peu visibles, voire insuffisantes face à l’ampleur du phénomène.
Faut-il pour autant s’en accommoder, au nom d’une activité souvent qualifiée de “plus vieux métier du monde” ? Le débat reste ouvert à quelques jours de la célébration de la fête du travail. Entre partisans d’une régulation encadrée et défenseurs d’une répression plus ferme, les positions divergent. TKC apparaît ainsi comme le reflet des tensions d’une ville en mutation. Entre réalités sociales, logiques économiques et impératifs sécuritaires, une question demeure: comment concilier ordre public, dignité humaine et pragmatisme face à un phénomène aussi complexe ?
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