Réunis à Kribi dans le cadre d’un séminaire itinérant consacré à la réduction des risques de catastrophes, experts, autorités et partenaires réfléchissent à des solutions concrètes pour renforcer la résilience des zones côtières camerounaises, particulièrement exposées aux effets du changement climatique.
Par Gervais Fredy M

La ville de Kribi, poumon économique et pilier du tourisme Camerounais, se retrouve au cœur des préoccupations liées aux changements climatiques. Face aux multiples défis en présence, un séminaire itinérant dédié à la réduction des risques de catastrophes, avec pour ambition de renforcer la compréhension et l’exploitation des informations climatiques au niveau local s’est ouvert le 27 avril. Placée sous la houlette de Tchinda Tazo Simplice, Directeur de la Météorologie Nationale et représentant du Ministre des Transports, la cérémonie d’ouverture a marqué le lancement des travaux réunissant près de soixante-dix participants. Parmi eux, des ingénieurs de la Direction Nationale de la Météorologie, des autorités administratives, des collectivités territoriales décentralisées (CTD), ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement d’une convention signée entre le Ministère des Transports et la Mairie de Kribi, traduisant une volonté commune de mieux outiller les populations face aux réalités climatiques actuelles.

Au centre des échanges, l’avancée préoccupante du niveau de la mer, estimée à environ 8,5 mm par an entre 2013 et 2019 selon les experts. Une progression qui entraîne des conséquences directes: érosion accélérée des côtes, inondations récurrentes, destruction d’infrastructures et perturbations majeures des secteurs de la pêche et du transport maritime. Ces impacts pèsent également lourdement sur les finances des collectivités et sur les recettes douanières.
Les zones les plus exposées s’étendent de la péninsule de Bakassi à l’embouchure du Ntem à Campo, en passant par Limbé, Manoka, Kribi, sans oublier les mangroves du Wouri. Dans ces territoires vulnérables, la nécessité d’intégrer davantage les données météorologiques dans les politiques publiques apparaît comme une priorité. « Nos économies sont très fragiles. Lorsqu’une crise survient, nous peinons à résister aux chocs extérieurs, notamment en raison des insuffisances infrastructurelles », a souligné un représentant de la CEEAC, mettant en lumière les défis structurels de l’Afrique centrale face à ce fléau.
Pour les participants, ce séminaire constitue une opportunité de renforcer la collaboration. « C’est une occasion de travailler de manière concertée pour réduire les risques de catastrophes dans nos localités, dans un contexte marqué par l’augmentation des phénomènes hydrométéorologiques », a confié une présidente d’association. Parmi les pistes envisagées figurent le renforcement des systèmes de drainage urbain, notamment dans les grandes villes comme Kribi, Douala et Limbé, ainsi que la restauration des 192 hectares de mangroves détruites au cours des trente dernières années.
À terme, les acteurs ambitionnent de mettre en place des systèmes d’alerte précoce, d’améliorer les capacités de réaction en situation d’urgence et d’intégrer pleinement les informations climatiques dans les plans de développement des CTD d’ici 2027. Deuxième du genre après celui organisé dans la région de l’Ouest, ce forum itinérant, porté par la Commission de l’Union africaine et le Ministère des Transports, entend impulser une dynamique durable.

Pour Tchinda Tazo Simplice, Directeur Nationale de la Météorologie au Ministère des Transports l’enjeu est clair: « Il est impératif de travailler ensemble pour construire des actions résilientes capables de préserver les vies humaines, protéger les biens et minimiser les pertes économiques. »
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