Pendant deux jours, responsables centraux, services déconcentrés et unités techniques spécialisées du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille ont croisé leurs expériences pour renforcer l’efficacité des interventions en faveur des femmes et des familles. Entre exigences d’éthique, renforcement des capacités et lutte accrue contre les violences basées sur le genre, les assises ont posé les jalons d’une action publique plus structurée et plus proche des réalités du terrain.

La conférence annuelle des responsables centraux, déconcentrés et des unités techniques spécialisées du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) s’est tenue dans une atmosphère studieuse, marquée par deux jours d’échanges approfondis et de réflexion autour des enjeux clés du secteur. Cette rencontre stratégique a permis de poser un regard critique sur les actions menées, tout en formulant des recommandations visant une meilleure organisation interne pour des interventions plus concrètes et efficaces sur le terrain. Au cœur des discussions, les participants ont exprimé plusieurs doléances, notamment la nécessité de renforcer les capacités des acteurs à travers des sessions de formation adaptées aux problématiques actuelles. Une demande qui traduit la volonté d’outiller davantage les personnels afin de répondre avec pertinence aux défis croissants liés à la promotion du genre et à la protection des couches vulnérables.

Prenant la parole, Madame Abdoulaye A., Délégué régional du Nord, a souligné l’importance de cette rencontre en ces termes: « Cette conférence nous a permis de marquer un temps d’arrêt, d’observer nos cibles ainsi que les actions menées, afin de mieux nous projeter dans l’avenir. » Elle a relevé que cette édition s’est distinguée par une approche intégrant des paramètres essentiels, à savoir le rôle du fonctionnaire, les besoins des bénéficiaires et la qualité du service rendu au sein de l’administration. Sur la question du service public, un appel fort a été lancé en faveur du retour à l’éthique et à la déontologie.
Les échanges ont insisté sur les comportements attendus des agents de l’administration, les bonnes pratiques à adopter, ainsi que l’importance de l’entretien des infrastructures et du respect des usagers. Madame le Délégué a également mis un accent particulier sur les exigences liées à l’assiduité et à la discipline, rappelant les conséquences de l’absentéisme et la nécessité de sanctions en cas de manquement. Des principes jugés indispensables pour garantir l’efficacité de l’action publique. Par ailleurs, l’autonomisation des femmes et des survivantes de violences a constitué un axe majeur des discussions. « Une société ne peut se construire sans la femme », a-t-elle affirmé, tout en insistant sur l’urgence de préserver les vies à travers des actions concrètes et adaptées aux réalités du terrain.
Dans la région du Nord, la lutte contre les violences basées sur le genre s’appuie sur des stratégies centrées sur l’écoute, la sensibilisation, la conscientisation et l’accompagnement des victimes. Toutefois, Madame Abdoulaye a relevé une recrudescence des cas de médiation et de conciliation dans les conflits familiaux et conjugaux, témoignant de la complexité des situations rencontrées. Face à ces défis, des actions de plaidoyer sont menées auprès des autorités traditionnelles, religieuses et administratives. En parallèle, des initiatives de formation et d’information sur les droits des populations sont déployées, notamment sur des questions sensibles comme le mariage des enfants. Le travail en synergie avec les autres secteurs, la mise en place de clubs genre dans les établissements scolaires, la désignation de points focaux dans les administrations, ainsi que les appuis psychosociaux, cliniques et économiques apportés aux victimes via des ONG et associations, constituent autant de leviers d’intervention.
Enfin, les participants ont rappelé que la célébration des journées commémoratives ne doit pas être perçue comme une fin en soi, mais plutôt comme une opportunité stratégique de sensibilisation et de mobilisation des communautés. L’implication des hommes, à travers la promotion de la masculinité positive, apparaît également comme une approche innovante favorisant l’écoute et une meilleure compréhension des enjeux liés au genre. Au terme de ces assises, un consensus s’est dégagé sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’action, dans une dynamique collaborative et inclusive, pour un impact durable au sein des communautés.
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