Alors que le changement climatique bouleverse profondément les équilibres agropastoraux en Afrique centrale, la FAO intensifie ses actions pour soutenir les éleveurs, préserver les moyens de subsistance et prévenir les crises liées à la transhumance et à la disparition du bétail.
Gervais Fredy M

En Afrique centrale, et particulièrement au Cameroun, les effets du changement climatique ne relèvent plus de projections lointaines, mais d’une réalité tangible qui redessine les modes de vie ruraux. La transhumance pastorale, pilier ancestral des économies locales, est aujourd’hui fragilisée par des sécheresses prolongées, la raréfaction des pâturages et une pression accrue sur les ressources naturelles. Ces bouleversements environnementaux exacerbent les tensions entre agriculteurs et éleveurs, alimentant des conflits agropastoraux de plus en plus fréquents. La migration forcée des troupeaux vers des zones plus humides, notamment du nord vers le centre du Cameroun, accentue cette compétition pour l’accès à l’eau et aux terres fertiles, créant une instabilité sociale et économique préoccupante.
Plus alarmant encore, ces dérèglements climatiques entraînent une disparition progressive du bétail. Affaiblis par la malnutrition, exposés à des maladies et épuisés par des déplacements prolongés, des milliers d’animaux périssent chaque année. Cette mortalité accrue menace directement les moyens de subsistance de millions d’éleveurs et fragilise l’ensemble des chaînes de valeur agricoles. Face à cette situation critique, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) joue un rôle déterminant. À travers des initiatives structurantes comme le programme SCALA (Scaling up Climate Ambition on Land Use and Agriculture), l’organisation accompagne les États dans le renforcement de leurs politiques climatiques, notamment en intégrant des stratégies d’adaptation dans les secteurs agricoles et pastoraux.
Au Cameroun et dans la sous-région, la FAO soutient également la mise en place de mécanismes de gouvernance concertée de la transhumance. Ces actions visent à sécuriser les couloirs de passage du bétail, améliorer la gestion des ressources en eau et en fourrage, et promouvoir des pratiques pastorales durables et résilientes. Des ateliers régionaux, à l’image de ceux organisés récemment, permettent de renforcer le dialogue entre les différents acteurs et d’anticiper les crises.En valorisant une approche intégrée, alliant adaptation climatique, sécurité alimentaire et prévention des conflits, la FAO s’impose comme un acteur clé dans la préservation du pastoralisme en Afrique centrale. Dans un contexte où les défis climatiques ne cessent de s’intensifier, ces efforts apparaissent essentiels pour garantir la survie des systèmes agropastoraux et la stabilité des communautés qui en dépendent.
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