Reçu en audience par le président Faustin-Archange Touadéra à Bangui, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a présenté un tableau encourageant de la situation économique et financière de la zone CEMAC. Entre recul de l’inflation, renforcement des réserves de change, projet de monétisation de l’or et restructuration du Crédit Mutuel de Centrafrique, la Banque centrale affiche sa volonté de consolider la stabilité financière et de renforcer son ancrage territorial en République centrafricaine.Bangui, 22 juin 2026.
Par Gervais Fredy M.

Le président de la République Centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a reçu en audience le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, venu faire le point sur la situation économique et financière de la sous-région ainsi que sur plusieurs dossiers stratégiques concernant la République centrafricaine. Au cours de cette rencontre, le gouverneur a présenté des indicateurs témoignant d’une amélioration progressive de la conjoncture économique dans la zone CEMAC. L’Indice composite des activités économiques (ICAE) affiche ainsi une croissance de 4,9 % en glissement annuel, tandis que l’inflation a été ramenée à 1,6 % en mars 2026, contre 4 % un an auparavant, passant ainsi sous le seuil communautaire de 3 %. Dans le même temps, les réserves de change de la Banque centrale se sont consolidées, avec un taux de centralisation atteignant près de 74 % à fin avril 2026.
Le gouverneur a également mis en avant la résilience du système bancaire sous-régional. À fin mars 2026, les banques de la CEMAC disposaient d’un excédent de trésorerie de 7 737 milliards de FCFA, soit 27 % du total de leur bilan. La qualité du portefeuille de crédits s’est par ailleurs améliorée, comme en témoigne la baisse du taux des créances en souffrance, passé de 17,45 % à 15,68 % en un an. Sur le plan national, Yvon Sana Bangui a évoqué le renforcement de la présence de la BEAC à l’intérieur du pays. Après le projet d’implantation d’une agence à Bouar, la Banque centrale prépare déjà son extension à Bambari. Les études techniques avancent et les autorités centrafricaines devraient prochainement mettre à disposition un terrain destiné à accueillir cette future infrastructure, qui s’inscrit dans une stratégie d’inclusion financière et de proximité avec les populations.
Autre annonce majeure: la stratégie de monétisation de l’or de la Banque centrale a franchi une étape décisive. Déjà approuvée par le Conseil d’administration de la BEAC et le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), cette initiative vise à renforcer les actifs de la Banque centrale en valorisant davantage les ressources aurifères de la sous-région. Les travaux portent désormais sur les modalités opérationnelles et sécuritaires du dispositif, dont l’entrée en vigueur est prévue à partir de 2027. L’entretien a également été marqué par le dossier sensible du Crédit Mutuel de Centrafrique (CMCA). Le gouverneur a rappelé que la COBAC avait placé l’établissement sous administration provisoire afin de protéger les intérêts des épargnants et de restaurer sa viabilité financière. Il a plaidé pour le lancement rapide d’un audit indépendant destiné à établir les responsabilités dans cette crise et a appelé à une coopération judiciaire internationale renforcée, notamment à travers Interpol, afin de retrouver les anciens dirigeants ayant quitté le territoire et de faciliter le recouvrement des avoirs concernés.
À travers cette audience, la BEAC réaffirme son engagement en faveur de la stabilité monétaire et financière de la sous-région, tout en multipliant les initiatives destinées à renforcer l’inclusion financière, la gouvernance bancaire et la valorisation des ressources stratégiques au service du développement des États de la CEMAC.
