Longtemps restée en marge de la dynamique de développement impulsée par la microfinance dans plusieurs régions du Cameroun, la région du Sud entend désormais explorer pleinement le potentiel de cet outil de financement. À Sangmélima, l’Assemblée Générale de la Communauté Amicale et Fraternelle de la Forêt pour l’Entraide et le Développement (CAFFED), prévue le 24 octobre prochain, se présente comme une occasion de réflexion, de sensibilisation et de mobilisation autour d’une microfinance davantage tournée vers l’autonomisation des populations et le développement des communautés.
Par Gervais Fredy M

La microfinance s’est progressivement imposée comme un instrument capable de rapprocher les services financiers des populations, notamment de celles qui disposent d’un accès limité aux circuits bancaires classiques. Pourtant, dans le Sud, son potentiel apparaît encore insuffisamment exploité au regard des besoins des populations et des opportunités qu’elle peut offrir en matière d’entrepreneuriat, d’épargne, d’investissement et de création d’activités génératrices de revenus. C’est dans ce contexte que la CAFFED organise, le 24 octobre 2026 au Restaurant Municipal La Marraine de Sangmélima, son Assemblée Générale autour d’un thème particulièrement évocateur: « La Microfinance, une source de développement et d’épanouissement dans nos Communautés ». Au-delà du simple cadre statutaire de l’organisation, cette rencontre ambitionne de poser les bases d’une nouvelle dynamique autour du financement de proximité et de son rôle dans la transformation économique et sociale des communautés du Sud.
Les échanges seront animés notamment par plusieurs experts dont David Nna, expert en finances et inspecteur-vérificateur à la Trésorerie Générale d’Ebolowa ainsi que Landry Mvele, ingénieur en informatique et cadre au ministère des Finances. Le choix de ces profils traduit la volonté de croiser les regards sur les questions financières, technologiques et institutionnelles qui peuvent accompagner l’essor de la microfinance.
Pour les populations, l’enjeu dépasse donc largement la seule participation à une activité associative. Une nouvelle dynamique de la microfinance pourrait contribuer à faciliter l’accès au financement, encourager l’épargne, soutenir les petites initiatives entrepreneuriales et favoriser l’émergence de projets locaux. Elle pourrait également renforcer l’autonomie économique des ménages et offrir aux jeunes et aux porteurs de projets de nouvelles possibilités pour transformer leurs idées en activités durables. Dans une région où les potentialités économiques et humaines sont importantes, mieux faire connaître les mécanismes de la microfinance peut ainsi constituer un véritable levier de développement. Encore faut-il que l’information circule et que les populations s’approprient les opportunités qui leur sont proposées. C’est pourquoi la participation à cette rencontre revêt une importance particulière. Il n’est pas nécessaire d’être membre de la CAFFED ou déjà engagé dans la microfinance pour s’y intéresser. S’y rendre, même par simple curiosité, c’est aussi prendre le pari de comprendre, d’écouter et de repartir avec la bonne information. Une curiosité qui peut devenir une opportunité, puis éventuellement un projet. Dans ce sens, chaque participant peut devenir, à son niveau, un relais d’une information utile auprès de sa famille, de son entourage et de sa communauté.

Les participants et membres de la CAFFED seront accueillis dès le 23 octobre 2026. La mobilisation financière accompagne également cette dynamique avec les contributions annoncées et évaluées entre 5 000 francs CFA à 2 millions de francs CFA, aussi bien pour les membres du groupe CAFFED que pour les élites désireuses d’apporter leur soutien.
À travers cette Assemblée Générale, Sangmélima pourrait ainsi devenir, le temps d’une journée, un espace où se rencontrent information, expertise et ambition collective. Pour le Sud, longtemps resté en retrait de la dynamique portée par la microfinance, l’enjeu est désormais de passer de la simple observation à l’appropriation, afin que cet outil puisse contribuer pleinement au développement et à l’épanouissement des communautés.
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