Forte de ses ressources naturelles, de son ouverture maritime et du potentiel stratégique de Kribi, la Région du Sud entend franchir un nouveau cap. La mission conduite à Dubaï par le Président du Conseil régional, Éric Gervais Ndo, vise à attirer des partenaires et des investisseurs capables de contribuer à la transformation des richesses locales en projets concrets, au moment où le territoire reste confronté à d’importants défis en matière d’infrastructures, d’industrialisation, d’emploi et de valorisation de ses ressources.
Par Gervais Fredy M

La Région du Sud cherche à changer de dimension. La présence du Président du Conseil régional, Éric Gervais Ndo, accompagné d’une délégation régionale, traduit une volonté de mieux positionner le territoire sur la carte des destinations d’investissement en Afrique. Au-delà de la promotion institutionnelle, l’enjeu est de susciter des partenariats et de mobiliser des financements susceptibles de répondre aux besoins réels d’un territoire qui dispose d’un potentiel considérable, mais dont une partie reste encore insuffisamment exploitée. Le paradoxe du Sud tient précisément à cette abondance de ressources et à la faiblesse relative de leur transformation locale. Agriculture, forêt, ressources minières, énergie, tourisme et ouverture sur l’océan constituent autant d’atouts capables de soutenir une économie régionale dynamique. Pourtant, la transformation de ces richesses en valeur ajoutée, en entreprises compétitives et en emplois demeure encore un défi majeur.
Le déficit d’infrastructures adaptées, l’insuffisance des unités de transformation, les besoins en énergie, en services de santé et d’éducation, ainsi que la nécessité d’accélérer la digitalisation constituent autant de contraintes au développement du territoire. Dans plusieurs secteurs, le potentiel existe, mais les investissements nécessaires pour passer de la ressource au produit fini et du potentiel au projet restent encore insuffisants. Kribi apparaît, dans ce contexte, comme l’un des principaux leviers de changement. Avec son port en eau profonde et sa position stratégique sur le Golfe de Guinée, la ville dispose des atouts nécessaires pour devenir davantage qu’une simple porte maritime du Cameroun. Une meilleure articulation entre le port, les zones industrielles, les activités agricoles, minières et touristiques pourrait favoriser l’émergence de chaînes de valeur locales, stimuler les échanges et renforcer l’attractivité économique de l’ensemble de la Région. C’est précisément là que la rencontre de Dubaï pourrait prendre tout son sens.

L’enjeu ne serait pas seulement d’obtenir des déclarations d’intérêt, mais de convaincre des investisseurs de s’engager dans des projets structurants, créateurs de richesses et d’emplois. Des partenariats bien ciblés pourraient contribuer au financement d’infrastructures, au développement de l’agro-industrie, à la transformation du bois et des produits agricoles, à l’exploitation responsable des ressources minières, au développement des énergies et à la modernisation des secteurs de la santé, de l’éducation et du numérique. Le tourisme constitue également un terrain d’opportunités. Les Chutes de la Lobé, le littoral de Kribi, les espaces forestiers et les aires protégées offrent les bases d’une véritable économie touristique. Mais pour transformer ces atouts en retombées économiques durables, la région devra renforcer les infrastructures d’accueil, l’accessibilité, la promotion de la destination et l’offre de services. L’impact attendu de cette ouverture vers les investisseurs internationaux pourrait ainsi dépasser la seule mobilisation de capitaux. Elle pourrait favoriser le transfert de compétences, l’accès à de nouvelles technologies, la création d’emplois pour les jeunes, le développement de PME locales et l’amélioration des recettes générées par les activités économiques. Elle pourrait surtout contribuer à faire de la transformation locale des ressources un moteur durable du développement régional. Toutefois, l’attractivité du Sud ne pourra se construire uniquement autour de ses potentialités naturelles. Les investisseurs rechercheront des projets clairement définis, des procédures lisibles, un environnement des affaires sécurisant, des infrastructures fiables et une gouvernance capable d’assurer le suivi des engagements. La mission de Dubaï devra donc être considérée comme un point de départ: celui d’une stratégie de prospection qui devra se traduire, à terme, par des accords, des financements et des réalisations visibles sur le terrain.

En portant cette ambition à l’international, le Conseil régional du Sud affirme ainsi une nouvelle orientation: ne plus se contenter de constater les richesses du territoire, mais rechercher activement les moyens de les transformer en opportunités économiques et sociales. Si cette dynamique débouche sur des investissements structurants et une meilleure valorisation des ressources locales, la rencontre de Dubaï pourrait constituer une étape importante dans la transformation du Sud en un véritable pôle de croissance, d’innovation et d’emploi au Cameroun.
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