Malgré les concertations engagées par les autorités, notamment la rencontre du 11 septembre dernier avec le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, la colère des enseignants ne faiblit pas. À quelques jours de la rentrée académique, le bras de fer autour des primes et autres revendications sociales continue de peser sur le fonctionnement des universités camerounaises.
Par Hervé Bertrand

Dans les campus de l’enseignement supérieur au Cameroun, l’heure est à l’incertitude. Alors que les autorités multiplient les consultations pour tenter de désamorcer la crise, le mouvement de grève des enseignants semble maintenir la pression. Les premières conséquences commencent déjà à se faire sentir et annoncent une situation qu’il faudra négocier avec beaucoup de délicatesse.
À l’Université d’Ebolowa, la situation prend une tournure particulière. Le recteur, Etoa Etoua Jean Bosco, a annoncé le renvoi des soutenances initialement prévues le 16 septembre. Une décision qui illustre les répercussions concrètes du mouvement sur les activités académiques. Cette mesure intervient alors que les universités sont déjà engagées dans les préparatifs de la rentrée académique. Elle alimente davantage les inquiétudes des étudiants et de leurs familles, pour qui le calendrier universitaire constitue un enjeu majeur.
Au cœur de cette mobilisation, le Syndicat national des enseignants du supérieur (SyYNES) entend maintenir la pression afin d’obtenir des réponses concrètes aux revendications formulées depuis plusieurs mois. La question qui se pose désormais est celle de l’issue de ce bras de fer. Le syndicat est-il en train de prendre le dessus dans les campus ? Si la mobilisation se poursuit, son impact pourrait devenir plus important à l’approche de la rentrée, avec le risque de perturber davantage les activités pédagogiques et administratives.

La rencontre du 11 septembre dernier entre les représentants des enseignants et le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, devait contribuer à apaiser les tensions. Mais sur le terrain, le mécontentement demeure. Pour certains enseignants, la question des primes reste déterminante. « Tant qu’il n’y aura pas les primes, les campus seront vides », estiment certains d’entre eux, traduisant ainsi leur détermination à poursuivre la mobilisation jusqu’à l’obtention d’avancées concrètes. D’autres enseignants disent avoir été déçus à plusieurs reprises par les engagements pris par l’État. Selon eux, les promesses non suivies d’effets ont progressivement installé un climat de méfiance qu’une simple concertation ne suffirait plus à dissiper.
À quelques jours de la rentrée académique, les différents acteurs sont désormais face à une équation délicate. Il s’agit de trouver un compromis susceptible de répondre aux revendications des enseignants tout en préservant la continuité du service public universitaire. Pour les autorités comme pour les syndicats, l’urgence est donc de parvenir à un accord avant que la crise ne s’installe durablement dans les campus. Car au-delà du bras de fer entre les enseignants et l’État, ce sont les étudiants, le calendrier académique et l’ensemble du système d’enseignement supérieur qui pourraient subir les conséquences d’une prolongation de la grève. Le temps presse. Et avant la rentrée académique, chaque partie devra mesurer le poids de ses décisions pour éviter que le dialogue social ne se transforme en une crise universitaire de grande ampleur.
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