À l’occasion de la troisième édition de la Convergence des Femmes Camerounaises sur le Changement Climatique (COFECCC3), organisée du 28 au 30 octobre 2026 à Atok dans la région de l’Est, une exposition des produits et savoir-faire locaux a mis en lumière le potentiel des ressources endogènes dans la lutte contre les changements climatiques. Une initiative qui place les femmes, la biodiversité agricole et les pratiques agroécologiques au cœur de la souveraineté alimentaire.
Par Céline Claire NA

La valorisation des richesses locales constitue l’un des leviers essentiels pour bâtir des communautés capables de faire face aux effets des changements climatiques. C’est le message porté par l’exposition organisée en marge de la COFECCC3 à Atok. Pendant trois jours, les participantes et les visiteurs ont découvert une diversité de produits issus des terroirs camerounais: semences paysannes, denrées alimentaires, produits Agro pastoraux transformés et plantes médicinales relevant de la pharmacopée traditionnelle. Au-delà de leur dimension commerciale et culturelle, ces ressources témoignent de la richesse des connaissances communautaires et du potentiel des territoires.
La préservation des ressources locales comme réponse climatique.
L’exposition a surtout permis de mettre en évidence l’importance de la conservation des semences paysannes, de la biodiversité agricole et de la transformation locale dans la construction de systèmes alimentaires plus résilients. Face aux perturbations climatiques, la diversification des cultures, la protection des ressources naturelles et la promotion des pratiques agroécologiques apparaissent comme des réponses concrètes pour réduire la vulnérabilité des communautés. Les savoirs ancestraux, longtemps transmis au sein des familles et des communautés, retrouvent ainsi toute leur importance dans la recherche de solutions durables.
Les femmes, piliers de la souveraineté alimentaire.
Au centre de cette dynamique, les femmes occupent une place déterminante. Productrices, transformatrices et gardiennes des semences traditionnelles, elles contribuent quotidiennement à la préservation de la biodiversité, à la transmission des connaissances et à la sécurité alimentaire des ménages. La reconnaissance de leurs initiatives et le renforcement de leur autonomie économique constituent donc des enjeux majeurs. Leur donner davantage de moyens d’action revient à consolider les capacités des communautés à produire, transformer et consommer localement.

Protéger les terres et les forêts pour préserver l’avenir.
Toutefois, cette ambition reste indissociable de la protection des espaces naturels et des terres agricoles. Les participantes rappellent que la préservation des forêts et des semences paysannes exige une vigilance accrue face à l’accaparement des terres, à l’expansion des agro-industries et à certains projets de développement susceptibles de fragiliser les écosystèmes et les moyens de subsistance des populations. La souveraineté alimentaire ne peut se construire durablement sans la maîtrise des ressources productives par les communautés et la reconnaissance de leurs droits.
Par cette exposition, la COFECCC3 délivre ainsi un message essentiel: la réponse à la crise climatique passe aussi par les territoires, les savoirs locaux et le pouvoir d’action des femmes. Préserver les semences, protéger les forêts, promouvoir l’agroécologie et soutenir la transformation locale ne sont pas de simples options, mais des conditions fondamentales pour garantir une alimentation durable et construire des communautés plus résilientes.
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