La chaîne de froid, maillon essentiel de la vaccination, s’impose comme l’une des urgences relevées au cours de la troisième journée de la tournée du Délégué régional de la Santé publique dans le Dja-et-Lobo. De Meyomessala à Bengbis, en passant par Mvomeka’a, Ndonkol et Nkongmekak, Saurel Ngo’o Mebe et son équipe ont passé au peigne fin les formations sanitaires, saluant les avancées tout en recensant les besoins prioritaires.
Par Gervais Fredy M

La troisième journée de cette tournée de terrain s’est ouverte à Meyomessala, dans les locaux du responsable du District de santé. Dès les premiers échanges, une difficulté saute aux yeux: les bureaux sont devenus trop exigus depuis l’éclatement des services consécutif à la création de l’Hôpital de Référence Annexe de Meyomessala, l’HRAM. À cette contrainte s’ajoute l’absence de logements d’astreinte, qui complique davantage les conditions de travail et la disponibilité du personnel. Mais à quelques mètres de là, le décor change radicalement. Dans les couloirs de l’HRAM, la délégation découvre une structure bien tenue, où le circuit du malade est clairement défini et les services fonctionnels. Une organisation qui retient l’attention du responsable régional de la Santé publique et donne le ton d’une visite placée sous le signe de l’observation, de l’écoute et de la recherche de solutions.
Après l’HRAM, La délégation a visité le chantier du nouvel hôpital de Meyomessala. Sur ce vaste site, le projet avance et laisse entrevoir une infrastructure appelée à transformer l’offre de soins dans la localité. D’après le responsable de l’établissement, l’emprise foncière s’étend sur près de dix hectares. Outre le Centre d’imagerie et l’officine annoncés plusieurs services stratégiques y fleurissent. Pour le Délégué régional, l’enjeu dépasse le simple achèvement d’un chantier. Il s’agit de faire émerger une infrastructure moderne, capable de répondre durablement aux besoins sanitaires des populations. Il a ainsi appelé les différents acteurs à maintenir le rythme pour donner corps à cette infrastructure de dernière génération, appelée à devenir un important pôle sanitaire pour Meyomessala et ses environs.

De Meyomessala à Mvomeka’a la tournée change une nouvelle fois de cadre, mais pas de cap. À la Fondation Chantal Biya, créée en 1998, le Dr Tatka conduit le Délégué régional et sa suite à travers les différents services. Là encore, la visite permet de mesurer les acquis, mais aussi de mettre en lumière les besoins qui se font sentir au quotidien. Parmi les principales préoccupations figure l’extension de la maternité. Selon les responsables de la structure, plus de la moitié des accouchements dans la localité sont assurés par la structure. La prise en charge des personnes vivant avec le VIH occupe également une place importante dans les échanges, notamment autour de la disponibilité et de la gestion des dossiers, qui demeure une difficulté persistante.
La prochaine étape ramène la délégation sur un autre chantier, celui de la consolidation des infrastructures existantes. À Ndonkol, où l’infrastructure sanitaire a été rétrocédée à l’État en 2023, le Dr Pkwang profite de la présence du responsable régional pour exposer les attentes de la structure. Au premier rang des sollicitations: la finalisation et l’équipement du bâtiment destiné à abriter la morgue. Puis vient Nkongmekak. Ici, l’atmosphère est différente. L’accueil réservé à la délégation est particulièrement chaleureux. Au Centre de santé intégré, les populations, par la voix de leur porte-parole, expriment leur satisfaction, tout en formulant plusieurs doléances. Le manque de matériel et la construction d’un bâtiment propre à l’État figurent parmi les principales attentes. Au-delà de ces besoins matériels, les habitants tiennent à saluer l’encadrement du Chef de District ainsi que les efforts déployés pour maintenir la structure en activité. Un témoignage qui illustre, à sa manière, l’importance du lien entre les formations sanitaires et les communautés qu’elles servent.
Après plusieurs étapes consacrées aux infrastructures et aux besoins des populations, la tournée atteint Bengbis, dernière escale de cette troisième journée. Dans cette formation sanitaire créée autour des années 1940, le Dr Ezo’o présente à la délégation l’offre de services disponible. La structure, qui, selon les informations communiquées lors de la visite, a notamment vu naître Louis Paul Motaze, actuel ministre des Finances, reçoit les encouragements du Délégué régional. Celui-ci relève le bon état général des lieux et salue l’engagement du nouveau responsable en matière d’hygiène et de salubrité.

La question des logements d’astreinte, avec deux logements concernés, est également evoquée. Mais derrière les murs et les équipements, ce sont surtout les conditions de fonctionnement des services qui retiennent l’attention. Tout au long de cette étape, plusieurs dossiers sont ainsi passés en revue: la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, le Chèque Santé, la Couverture Santé Universelle, la gestion des données mais aussi la gestion du personnel. Sur ce dernier point, le responsable régional insiste sur la nécessité d’un meilleur accompagnement des agents, notamment à travers les primes, afin de soutenir leur engagement et d’améliorer les performances des structures sanitaires. Car derrière chaque service, chaque consultation et chaque prise en charge, se trouvent des personnels dont les conditions de travail participent directement à la qualité des soins.
Et au fil des visites, un autre sujet s’impose comme un fil rouge: la chaîne de froid. À Meyomessala comme dans plusieurs formations sanitaires visitées, les responsables font état de difficultés liées à l’insuffisance ou au dysfonctionnement des équipements destinés à la conservation des vaccins. Une préoccupation loin d’être secondaire. La chaîne de froid constitue en effet un maillon indispensable au maintien de l’efficacité des vaccins et, par conséquent, à la continuité des activités de vaccination. Face à cette situation, le Délégué régional entend agir avec célérité. « Ce qu’il faut noter est que la prévention fait partie des priorités du ministère de la Santé publique. Et cette prévention est un élément indispensable. C’est pour cette raison que nous avons enregistré toutes les structures en manque, et celles où les chaînes de froid sont défaillantes. Il ne faudrait pas que le système de vaccination soit interrompu. Nous sommes en train de tout mettre sur pied afin que tous les moyens nécessaires soient mobilisés et que le patron de la santé, le Dr Manaouda Malachie, soit informé de cette situation », a-t-il déclaré.
Au terme de cette troisième journée, le constat est donc aussi clair que les défis sont nombreux. Des infrastructures se développent, d’autres nécessitent encore des investissements; les personnels restent mobilisés, mais expriment des besoins; les populations, elles, continuent d’attendre une amélioration constante de l’offre de soins. Chaîne de froid, équipements, logements d’astreinte, ressources humaines et qualité de la prise en charge constituent désormais autant de priorités identifiées sur le terrain. Mais pas question pour autant de ralentir. Malgré l’état difficile de la route et la forte pluie qui s’est abattue dans l’arrondissement de Bengbis, rien n’a freiné l’élan du Délégué régional et de ses équipes. La route de Zoétélé s’est ainsi ouverte devant la délégation, avec une dernière étape qui n’est pas la moins importante. À Zoétélé, les centres de santé de Nkolfong, de Ndele, celui du District et bien d’autres formations sanitaires s’apprêtent à leur tour à accueillir la délégation. Une nouvelle étape pour écouter, constater et agir au plus près des réalités du terrain. Une étape qui prolonge la même dynamique et porte le même message: aller vers les populations et renforcer l’action sanitaire, au nom de la santé et de la vie.
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