En visite de prise de contact dans plusieurs structures sanitaires du District de Sangmélima, le délégué régional de la Santé publique pour le Sud a livré un message sans détour au personnel de santé. Éthique, discipline, disponibilité, responsabilité et obligation de résultats ont constitué les principaux axes d’une séance de travail qualifiée de franche, sincère et déterminante pour l’avenir du système de santé dans la région.
Par Gervais Fredy M

Après avoir parcouru plusieurs formations sanitaires du District, le délégué régional de la Santé publique du Sud a réuni les responsables et personnels concernés pour une séance de travail au ton particulièrement ferme. L’objectif, selon lui, n’était pas de se livrer à une simple visite protocolaire, mais d’ouvrir un dialogue direct sur les difficultés observées sur le terrain et sur les comportements qui, à ses yeux, doivent désormais évoluer. « Les yeux dans les yeux, on se regarde, on creuse, on perce l’abcès, on nettoie puis on fait le pansement pour que ça guérisse. C’est pour cela que je suis là », a-t-il lancé, donnant ainsi le ton de cette rencontre placée sous le signe de la franchise et de la remise en ordre.
Pour le responsable régional, l’hôpital et les structures de santé ont d’abord une mission essentielle: soigner et servir la communauté. Cette vocation impose au personnel le respect strict des règles qui encadrent l’éthique et la déontologie professionnelles. Au-delà de l’engagement et de l’abnégation de nombreux agents, il a toutefois déploré des comportements qu’il juge incompatibles avec les exigences du métier.

Indisponibilité, comportements défiants, alcoolisme, irresponsabilité, perte de crédibilité auprès des communautés, insolvabilité ou encore divulgation de secrets médicaux ont notamment été évoqués. Le délégué régional a également dénoncé l’implication présumée de certains personnels dans des pratiques qu’il considère comme contraires à leurs obligations professionnelles, notamment certains avortements et le détournement de patients. Le rappel à l’ordre est donc clair: la mission sanitaire ne saurait être dissociée de la responsabilité individuelle. « Autant l’ordre et la discipline font la force des armées, autant elles doivent faire notre force, nous les soldats de la santé », a-t-il martelé.
Cette exigence de discipline s’accompagne d’une autre priorité: l’obligation de résultats. Pour le délégué régional, chaque agent, quel que soit son rang, doit contribuer à l’amélioration du fonctionnement des structures sanitaires. « On n’a pas besoin d’être ministre, délégué, major pour jouer sa partition. À son niveau, chacun peut », a-t-il souligné. Dans cette dynamique, il a invité les responsables et les personnels à prendre davantage d’initiatives pour faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain et rechercher des solutions avec les autorités et les élites locales. « Nous savons écrire français, écrivons pour développer nos structures. Discutons avec nos élites », a-t-il exhorté, insistant sur la nécessité de renforcer le plaidoyer en faveur des formations sanitaires.
Le responsable régional a notamment appelé le COSADI à intensifier ses actions de plaidoyer, estimant que la situation observée dans certaines structures sanitaires nécessite une mobilisation collective. « L’hôpital de Sangmélima que je vois aujourd’hui et d’autres que j’ai eu à parcourir ne sont pas gais », a-t-il constaté. Dans son approche, le changement ne saurait toutefois être imposé sans l’implication de ceux qui sont directement concernés. « Faire quelque chose pour vous sans vous, c’est au finish le faire contre vous », a-t-il déclaré, invitant ainsi les personnels à devenir eux-mêmes des acteurs de la transformation de leurs structures.

Le délégué régional a également demandé au chef de District d’établir, de manière collégiale avec les responsables des différentes structures, un état des lieux précis des difficultés et des besoins. L’administration régionale entend accompagner les efforts engagés, tout en exigeant en retour que les problèmes rencontrés sur le terrain soient clairement remontés. « Je l’ai dit au chef de District, il y aura l’ordre. Rassurez-vous, c’est pour cela que je suis en mission ici », a-t-il prévenu.
Le message adressé au personnel se veut désormais celui du choix et de la responsabilité: « Il y a deux attitudes, l’une à choisir: soit tu veux changer, on t’accompagne, soit tu veux rester rigide, on te brise. C’est à vous de faire le choix, il est temps. »
Une fermeté qui se veut néanmoins accompagnée d’une volonté de protection et d’encadrement. « Nous sommes vos parents, nous devons et avons le devoir de vous protéger », a-t-il rappelé, appelant les agents à renouer avec les attitudes apprises à l’école et avec les valeurs ayant fondé leur engagement professionnel. Car, a-t-il insisté, travailler dans la santé ne revient pas simplement à choisir un métier. C’est aussi accepter de porter une part de responsabilité dans la vie des autres. Les petites négligences peuvent avoir de lourdes conséquences sur les patients, leurs familles et, au-delà, sur l’avenir de toute une communauté.
À l’issue de cette séance de travail, le ton est donc donné: le délégué régional de la Santé publique du Sud entend faire de la discipline, de l’éthique, de la responsabilité et des résultats des exigences incontournables. Pour les « soldats de la santé », l’heure est désormais au sursaut, à la remise en question et au retour aux fondamentaux d’une profession dont la finalité demeure le service et la protection de la communauté.
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