Infrastructures vétustes, ressources humaines, moyens logistiques, couverture sanitaire et indicateurs de santé: la visite du délégué régional de la Santé publique du Sud, le Dr Saurel Ngo’o Mebe, dans le district de santé de Zoétélé, a permis de dresser un état des lieux des forces et des difficultés qui structurent l’offre de soins dans cet arrondissement. À travers les échanges avec les responsables sanitaires et les acteurs locaux, la question du VIH, les besoins de l’hôpital de district, le renforcement des effectifs et l’amélioration des services ont notamment été abordés. Une étape que le responsable régional veut inscrire dans une dynamique de suivi et de résultats.
Par Gervais Fredy M.

Le 18 septembre, le délégué régional de la Santé publique du Sud, le Dr Saurel Ngo’o Mebe, a effectué une visite dans le district de santé de Zoétélé, dans le cadre d’une tournée dans le département du Dja-et-Lobo. Cette descente sur le terrain l’a conduit notamment au centre de santé intégré (CSI) de Ndele, de Nkoumadjap et de Nkolfong. Elle lui a permis de prendre le pouls du fonctionnement des structures sanitaires, d’apprécier les conditions de travail du personnel et de recueillir les préoccupations des responsables locaux.
Zoétélé s’étend sur une superficie de 1 070 km² et compte environ 47 000 habitants en 2026. Son district de santé comprend neuf aires de santé et 21 formations sanitaires, dont un hôpital de district, auxquels s’ajoutent deux officines de pharmacie et une école de formation professionnelle en soins infirmiers a indiqué le Dr Eyenga, Chef de District. Un dispositif sanitaire qui doit répondre aux besoins d’une population dispersée sur un territoire relativement vaste et confrontée à des difficultés d’accessibilité et de moyens. Parmi les données présentées au délégué régional figurent les indicateurs liés au VIH, avec 942 cas d’infection déclarés à l’hôpital de district de Zoétélé. Ce chiffre concerne exclusivement cette formation sanitaire et ne saurait être assimilé à la prévalence du VIH dans l’ensemble de l’arrondissement. Il constitue néanmoins un indicateur important de l’activité de dépistage et de prise en charge au niveau de l’hôpital. La réduction de la transmission du VIH de la mère à l’enfant figure notamment parmi les préoccupations évoquées, à travers le dépistage des femmes enceintes, l’accès aux antirétroviraux et le suivi médical. Les autres données mettent en évidence les contraintes en matière de ressources humaines.

Environ 70 personnels exercent dans le district, parmi lesquels deux médecins généralistes et une trentaine d’infirmiers diplômés. Deux médecins nouvellement affectés au CMA de Fibot et un autre à l’hôpital viennent renforcer cet effectif, auquel s’ajoute une trentaine d’aides-soignants constituée d’agents de l’État, de contractuels et de personnels occasionnels. Le Dr Engoulou Mama Jean Pierre, directeur de l’hôpital de district depuis le 15 mai 2026 et installé le 12 juin, relève pour sa part que les principaux défis de l’établissement sont d’ordre infrastructurel. « Les défis de l’hôpital sont d’ordre infrastructurel: les bâtiments sont vétustes et inadaptés au service hospitalier standard. Le ministère nous a affecté cinq nouveaux personnels, c’est déjà un pas », a-t-il déclaré. Sur le plan logistique, le district dispose de trois motos affectées notamment à Ngolbang, Nsimi-Meyila et Nkolbang. Les responsables sanitaires font cependant état de besoins importants, notamment la mise à disposition d’un véhicule de service pour renforcer les activités de supervision, ainsi que d’équipements et de personnels supplémentaires.
La vétusté de certaines infrastructures constitue également une préoccupation pour les équipes. L’amélioration du fonctionnement de la morgue de l’hôpital de district a par ailleurs été abordée. Sur ce point, le délégué régional a demandé au directeur de l’hôpital de s’asseoir avec son conseil afin d’examiner les mesures susceptibles d’améliorer ce service. Le président du COSADI, Abessolo Jean Yves, a, pour sa part, salué la visite du responsable régional et la démarche d’écoute engagée auprès des acteurs locaux. « C’est un honneur d’accueillir un fils qui émerge et qui revient à la maison pour écouter et mieux organiser. Les problèmes sont relativement les mêmes, votre retour est un espoir pour ces terres», a-t-il souligné.

Les différentes interventions ont ainsi mis en évidence les besoins du district en matière d’infrastructures, de ressources humaines, d’équipements et de moyens de déplacement, autant d’éléments qui conditionnent la continuité et la qualité des soins dans les neuf aires de santé. En clôturant sa tournée dans le département du Dja-et-Lobo à Zoétélé, le délégué régional a expliqué que ce choix n’était pas fortuit. « Nous avons visité le département du Dja et Lobo et choisi de finir à Zoétélé, ce n’est pas un fait anodin, ce n’est pas du hasard. Je vous porte à cœur, c’est pourquoi je souhaite que le district de santé reste à la hauteur dans la région et pourquoi pas le meilleur du Cameroun, les autres ont pu le faire, pourquoi pas Zoétélé ? », a-t-il interrogé. Il a présenté cette rencontre comme une étape destinée à poser les bases d’une dynamique de travail et d’amélioration du système sanitaire local : « Le patron m’a envoyé ici, il sait ce qu’il fait, il m’a mis en mission. Avec cet échange, il est question de jeter les bases de la réussite. Ne l’oubliez pas: qui aime bien châtie bien. » Il a également salué les efforts consentis en peu de temps par le Dr Engoulou, nouvellement affecté à la tête de l’hôpital.
Au terme de cette visite, le tableau qui se dessine est celui d’un district disposant d’un réseau sanitaire structuré, mais confronté à plusieurs défis liés aux infrastructures, aux effectifs, aux équipements et à la logistique. Les 942 cas de VIH déclarés à l’hôpital constituent l’un des indicateurs de cet état des lieux, sans pouvoir être extrapolés à l’ensemble de la population de Zoétélé. L’enjeu reste donc le renforcement global du dispositif sanitaire afin d’améliorer les conditions de travail des personnels, les capacités de supervision, l’accès aux soins et la qualité des services offerts aux populations.
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