Réunis à Yaoundé à l’Hôtel Mont Fébé, les ministres de l’Éducation des pays francophones entendent impulser une transformation des systèmes éducatifs. Mais sur le terrain, de nombreuses voix s’interrogent sur la capacité réelle de ces assises à répondre aux réalités locales.
Par GFM

La 61e session de la CONFEMEN se tient dans un contexte marqué par des critiques persistantes à l’égard des systèmes éducatifs francophones. Souvent jugés inadaptés, ces systèmes peinent à répondre aux besoins économiques, sociaux et culturels des pays qui les appliquent, en particulier en Afrique. Dans ce cadre, cette rencontre internationale peut représenter une opportunité de réorientation stratégique. Elle offre un espace d’échanges où les États membres peuvent confronter leurs expériences, analyser leurs limites et envisager des solutions plus contextualisées.
L’un des enjeux majeurs reste d’éviter la reproduction de modèles éducatifs uniformes, parfois éloignés des réalités locales. Le thème choisi cette année, axé sur la valorisation de la profession enseignante, met en lumière un levier essentiel de transformation. Dans plusieurs pays, les enseignants font face à des conditions de travail difficiles et à des formations peu adaptées aux contextes locaux.

Une réforme en profondeur de leur statut et de leur accompagnement pourrait favoriser des pratiques pédagogiques mieux ancrées dans les réalités nationales. Cependant, le scepticisme demeure. De nombreux observateurs rappellent que les résolutions issues de ces rencontres restent souvent sans effet tangible sur le terrain. Le manque de moyens, les lourdeurs administratives et parfois l’absence de volonté politique freinent la mise en œuvre des réformes. Pour espérer un impact réel, les travaux de cette session devront déboucher sur des mesures concrètes: révision des programmes scolaires, intégration des langues et savoirs locaux, développement de l’enseignement technique et professionnel, et adaptation aux enjeux du numérique. Ainsi, si la CONFEMEN peut impulser une dynamique de changement, son succès dépendra avant tout de la capacité des États à traduire leurs engagements en actions adaptées à leurs réalités.
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