Nouvellement installé à la tête de la chefferie supérieur du groupement Yemvak, Sa Majesté Eric Engamba a reçu les grandes lignes d’une feuille de route dense: Redynamiser l’institution traditionnelle, renforcer la cohésion sociale, accompagner l’action administrative, lutter contre les pratiques de sorcellerie et préparer la relève. Le Préfet Damien Owono a ainsi rappelé les responsabilités qui l’attendent, entre respect des traditions, application du droit et développement de la communauté, il est désormais au pied du mur.
Par Gervais Fredy M

Une nouvelle page s’ouvre à la chefferie supérieure de Yemvak dans le Dja et Lobo. Installé ce 29 août à la tête de la chefferie de deuxième degré de l’arrondissement de Sangmelima, Éric Engamba succède à Émile Michel Engamba Engamba, démissionnaire, dont l’action en faveur du village et de ses populations a été saluée par l’autorité administrative. Cette succession, qui intervient du vivant du précédent titulaire, constitue une première dans l’histoire de cette chefferie. Pour le Préfet Damien Owono, l’événement dépasse le cadre d’une simple cérémonie: « L’installation et l’intronisation du Chef traditionnel est bien plus qu’une simple cérémonie, un moment sacré où se tisse le lien entre le passé, le présent et l’avenir d’une communauté. »
Au cœur de cette mission figure le rôle d’auxiliaire de l’administration. Le Préfet a ainsi rappelé les dispositions du décret n°77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation de la chefferie traditionnelle au Cameroun, notamment son article 19, qui définit les chefs traditionnels comme des acteurs appelés à seconder l’autorité administrative dans l’encadrement des populations. À ce titre, Éric Engamba devra transmettre les directives des autorités administratives et veiller à leur exécution, contribuer au maintien de l’ordre public et participer au développement économique, social et culturel de son unité de commandement. Il devra également prendre part au recouvrement des impôts et taxes de l’État dans les conditions prévues par la réglementation, accomplir les missions confiées par l’autorité administrative locale et favoriser la résolution pacifique des différends à travers la conciliation entre les administrés.

Une mission qui devra s’exercer dans le strict respect du droit positif. « Majesté, retenez-le bien : lorsque la coutume s’oppose au droit positif, c’est le droit positif qui reste applicable », a insisté le Préfet. La nouvelle autorité traditionnelle est également attendue sur le terrain de la cohésion sociale, de la sécurité et de la salubrité. Damien Owono a notamment demandé au Chef supérieur de mettre l’accent sur l’hygiène et la salubrité publiques, de lutter contre la divagation des bêtes, souvent source de conflits, et de réactiver les comités de vigilance. Le nouveau Chef est aussi invité à mener une lutte ferme contre les pratiques de sorcellerie, les mauvaises croyances et le charlatanisme.
La jeunesse constitue un autre chantier prioritaire. Il s’agira d’encourager les jeunes à s’investir dans le travail de la terre, de promouvoir la scolarisation des enfants et de préparer la relève afin de combattre l’oisiveté. La lutte contre la consommation des stupéfiants, les comportements défiant l’autorité et la mauvaise utilisation des réseaux sociaux vient compléter cette feuille de route, dans une perspective de responsabilisation et de préservation de la paix sociale. Pour porter cette dynamique, Éric Engamba dispose d’un profil qui associe enracinement local et expérience professionnelle. Né à Zoum, chef d’entreprise à la tête de plusieurs entités, titulaire d’un Baccalauréat D, ingénieur commercial formé à Lille en France et gestionnaire de projets, il présente un parcours susceptible de soutenir une approche plus structurée des initiatives de développement.

Son expérience comme président de la commission électorale en 2025 à Yemvak témoigne également de son implication dans la vie de la communauté. Désormais, l’enjeu sera de transformer cette expérience en actions concrètes pour le rayonnement de Zoum Yemvak. Entre préservation de l’héritage, respect du cadre légal, accompagnement de l’administration, mobilisation de la jeunesse et développement local, le nouveau Chef supérieur est appelé à donner un nouveau souffle à l’institution traditionnelle, avec pour ambition de faire de la chefferie un véritable levier de cohésion, de responsabilité et de progrès pour les populations.
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