Réunis le 8 octobre 2026 à Mvog-Beti, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’abeille, les acteurs de la filière apicole ont bénéficié d’un appui matériel du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA). Présidée par le Dr Taïga, cette cérémonie a mis en lumière le potentiel économique du miel, l’importance des abeilles pour la biodiversité et les défis auxquels les producteurs restent confrontés.
Par Gervais Fredy M

Au Cameroun, l’apiculture représente bien plus qu’une activité de production de miel. Elle contribue à la création de revenus en milieu rural, à la sécurité alimentaire et à la préservation de la biodiversité. C’est autour de ces enjeux que s’est articulée la célébration de la Journée mondiale de l’abeille, organisée le jeudi 8 octobre 2026 à Mvog-Beti à Yaoundé sous la présidence du Dr Taïga, ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales. Si la date internationale de cette journée est fixée au 20 mai par l’Assemblée générale des Nations unies depuis 2017, la célébration au Cameroun a été organisée le 8 octobre, le 20 mai correspondant à la fête nationale du pays. Ce rendez-vous a ainsi permis de sensibiliser les participants sur le rôle des abeilles et des autres pollinisateurs, tout en mettant en avant les perspectives de développement de la filière apicole nationale. Pour le ministre, cette journée est « consacrée à la connaissance du rôle déterminant des abeilles et autres pollinisateurs dans nos systèmes alimentaires, nos économies rurales et la préservation de notre environnement ». Une déclaration qui rappelle combien la protection de ces insectes est étroitement liée à la durabilité des activités agricoles et à l’équilibre des écosystèmes.
Les chiffres présentés à cette occasion témoignent du potentiel de l’apiculture camerounaise. En 2025, le pays a enregistré une production de 8 100 tonnes de miel, dont 500 tonnes destinées à l’exportation. Ces performances traduisent l’existence d’un marché et de possibilités de croissance, même si des efforts restent nécessaires pour améliorer les conditions de production, de transformation et de commercialisation. Au-delà de la récolte du miel, les abeilles jouent un rôle essentiel dans la pollinisation et la reproduction des plantes. Leur action favorise le maintien de la biodiversité et contribue à la productivité de nombreux écosystèmes agricoles. C’est dans cette perspective qu’une conférence scientifique a été organisée en prélude à la cérémonie, avec notamment une communication consacrée à l’importance des abeilles dans la pollinisation et la reproduction des plantes.
À travers cette initiative, le MINEPIA entend poursuivre ses efforts en faveur du développement de l’apiculture, en encourageant les producteurs à améliorer leurs pratiques et à mieux valoriser leur production. L’ambition est de faire de cette activité un véritable levier de développement rural, capable de générer davantage de revenus et de contribuer à la diversification de l’économie apicole.

L’un des moments marquants de la cérémonie a été la remise de matériel de production et de transformation aux acteurs de la filière venus de différents horizons. Des ruches kényanes, des presses manuelles, des enfumoirs, des seaux maturateurs, des tenues apicoles, des maturateurs verticaux, des extracteurs solaires et des appareils de décristallisation figuraient parmi les équipements distribués. Ces outils devraient permettre aux bénéficiaires d’améliorer leurs conditions de travail et de mieux maîtriser certaines étapes de la production. Pour les petits producteurs, ils constituent une occasion de passer progressivement de pratiques traditionnelles à des méthodes mieux adaptées aux exigences de qualité et de rendement. Pour Jacques Georges Bidjang, promoteur de: Les Mielleries SARL, une entreprise basée à Douala, à l’entrée Est de la ville, le bénéficiaire évolue dans le secteur depuis 26 ans et exporte le miel depuis 2012-2013. Son ambition est désormais de franchir un nouveau cap en passant à la production industrielle. « Notre projet en cours est de passer à la phase industrielle. Le matériel offert, au regard de notre évolution, ne peut plus intervenir directement dans le processus industriel engagé. Néanmoins, il est important. Nous remercions le gouvernement, via le MINEPIA, pour cette offre », a-t-il déclaré. Au-delà de cet appui, l’opérateur attire l’attention sur les difficultés qui freinent encore le développement de la filière, notamment l’accès aux zones de production, l’état des routes et le manque de petit matériel apicole. Des contraintes qui rappellent que l’amélioration des performances du secteur passe aussi par de meilleures conditions d’accès aux sites de production et aux marchés.

Pour le révérend Georges Zang Ngomo, apiculteur installé depuis 2020 dans le village de Biyan, à Zoétélé, cette dotation représente une réelle opportunité. « Nous faisions dans l’apiculture sauvage. Mais avec ce don, nous allons mieux faire, car ce matériel est approprié », a-t-il expliqué. Son témoignage illustre l’intérêt de ces équipements pour les producteurs qui souhaitent structurer davantage leur activité.
La célébration de Mvog-Beti aura permis de rappeler que l’avenir de l’apiculture camerounaise dépend autant de l’accompagnement des producteurs que de la préservation des abeilles. Si les équipements distribués constituent un appui concret, les attentes du secteur restent importantes: améliorer les infrastructures, faciliter l’accès au matériel, renforcer les compétences techniques et soutenir la transformation locale. L’enjeu est désormais de mieux valoriser le miel camerounais, d’accroître sa compétitivité et de permettre aux producteurs de tirer davantage de revenus de leur travail.
En définitive, soutenir l’apiculture, c’est aussi investir dans les économies rurales et dans la protection de l’environnement. La réussite de cette dynamique reposera sur la capacité à inscrire les appuis engagés dans la durée, afin que les producteurs puissent développer leurs exploitations et que les abeilles continuent de jouer pleinement leur rôle dans les écosystèmes.
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