À travers une caravane d’alphabétisation financière initiée par l’Académie du leadership féminin en finances publiques (ALFFIP), les femmes commerçantes d’Ekounou sont sensibilisées aux exigences de formalisation de leurs activités, à la gestion financière et aux opportunités offertes par leur immatriculation fiscale. Une démarche qui ambitionne de mieux reconnaître leur contribution à la création des richesses et de renforcer leur autonomie économique.
Par Gervais Fredy M

Au cœur de l’économie locale, les femmes des marchés jouent un rôle déterminant dans la création des richesses, la circulation des biens et la vitalité du commerce de proximité. Pourtant, malgré leur importante contribution à l’activité économique, nombre d’entre elles évoluent encore dans l’informel, avec un accès limité aux mécanismes de financement et aux opportunités de développement. C’est pour contribuer à inverser cette situation que la jeune association socioprofessionnelle des cadres finances et de la Chambre des Comptes, l’Académie du leadership féminin en finances publiques (ALFFIP), a initié une caravane d’alphabétisation financière à Ekounou, dans l’arrondissement de Yaoundé IV. Au centre de cette initiative, la sensibilisation à l’importance du numéro de contribuable, considéré comme un véritable passeport pour l’existence économique et l’accès aux opportunités.

L’absence d’immatriculation fiscale constitue en effet un frein à la reconnaissance formelle des activités et à l’accès à certains mécanismes de financement. À travers cette descente de proximité, les organisateurs entendent donc informer, éduquer et accompagner les commerçantes dans les démarches nécessaires à l’obtention de leur attestation d’immatriculation fiscale. L’enjeu est de leur permettre de sortir progressivement de l’invisibilité économique et de mieux valoriser leur contribution au développement national.
Au-delà des formalités administratives, la caravane mise sur l’acquisition de compétences pratiques en gestion. À cet effet, un carnet de gestion spécialement conçu pour les petits opérateurs économiques et les microentrepreneurs leur est proposé comme outil d’accompagnement. Il doit leur permettre d’apprendre à tenir leurs comptes, suivre leurs recettes et leurs dépenses, organiser leurs activités et adopter les premiers réflexes d’une véritable gestion entrepreneuriale.

L’ambition est de leur donner les moyens de mieux structurer leurs initiatives, de consolider leurs activités et de se positionner face aux opportunités qui s’offrent à elles. Cette démarche repose également sur une logique de transmission des connaissances et de solidarité féminine.
Les bénéficiaires sont appelées à devenir, à leur tour, des relais de sensibilisation auprès d’autres commerçantes. « Nous pensons qu’après notre passage ici, beaucoup vont révéler leurs talents de formatrices, parce que nous comptons former des commerçantes qui vont former après nous, afin d’avoir une chaîne de solidarité », souligne la cheffe de la délégation. Une approche qui vise à multiplier les effets de cette éducation financière au-delà des participantes directement touchées. En choisissant Ekounou comme point de départ, l’ALFFIP entend ainsi allumer une première lumière appelée à en éclairer d’autres. Car l’enjeu n’est pas simplement d’apprendre aux femmes à compter, mais de leur donner les capacités de mieux gérer, de s’organiser, de se formaliser et de faire grandir leurs activités.
À travers cet engagement de proximité, l’Académie entend rester aux côtés de ces actrices essentielles de l’économie locale, avec une conviction: former, accompagner et ouvrir les portes des opportunités pour que les femmes des marchés ne soient plus seulement des actrices de la création des richesses, mais aussi des bénéficiaires reconnues des mécanismes de développement économique.
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