À travers deux conventions de partenariat signées le 26 octobre 2026, la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts du Cameroun (CAPEF) mise sur la modernisation de la filière porcine, la mécanisation agricole et le développement des bassins de production. Une démarche qui s’inscrit dans la logique de l’import-substitution, en renforçant les capacités productives nationales et en créant les conditions d’une offre locale plus compétitive.
Par Gervais Fredy M

La politique d’import-substitution repose sur un principe essentiel: accroître la production nationale afin de réduire progressivement le recours aux produits importés. Dans cette perspective, le partenariat entre la CAPEF et l’Interprofession porcine du Cameroun (INTERPORCAM) vise à dynamiser la production de viande porcine et à moderniser cette filière. L’enjeu est d’améliorer la disponibilité de la viande produite localement, de structurer les acteurs et de mieux répondre à la demande des consommateurs. Une production nationale plus importante et mieux organisée pourrait ainsi limiter le recours aux importations, tout en offrant des débouchés aux éleveurs et aux autres professionnels du secteur.
La seconde convention, qui associe la CAPEF au Projet de Développement des Chaînes de Valeur Agricoles (PDCVA), au Centre National d’Études et d’Expérimentation du Machinisme Agricole (CENEEMA) et au Collectif des Femmes pour le Développement Durable en Afrique (COFEDD-Afrique), met l’accent sur la mécanisation, le développement des bassins de production et l’accompagnement de l’entrepreneuriat féminin. L’accès à l’expertise technique et aux équipements adaptés peut contribuer à améliorer les rendements, à réduire les pertes et à faciliter la transformation des produits agricoles. Cette dynamique peut également favoriser la création d’emplois, renforcer les revenus des producteurs et encourager l’émergence de petites et moyennes entreprises agroalimentaires. En développant les capacités de production et de transformation sur place, le Cameroun se donne les moyens de mieux valoriser ses ressources et de substituer progressivement certains produits importés par des produits locaux.
La CAPEF, un acteur de coordination au service des producteurs.

À travers ces deux accords, la CAPEF, présidée par Paul Martin Mindjos Momeny, entend jouer un rôle de coordination entre les producteurs, les organisations professionnelles, les structures techniques et les partenaires du développement. Son action consiste notamment à favoriser le rapprochement des compétences, à identifier les besoins des filières et à faciliter la mise en œuvre de projets capables d’améliorer la productivité. Toutefois, l’impact réel de ces conventions dépendra de leur mise en œuvre effective, notamment de la mobilisation des financements, de l’accès aux équipements, de l’accompagnement des producteurs et de l’existence de débouchés commerciaux. Au-delà des signatures, l’enjeu est donc de transformer ces engagements en résultats mesurables : davantage de production locale, des filières mieux structurées, des emplois supplémentaires et une réduction progressive de la facture des importations. Autant de conditions pour faire de l’import-substitution un véritable moteur de développement économique et de souveraineté alimentaire au Cameroun.
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