En visite de travail au Cameroun, le Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation (CSFEF) a été reçu en audience le 29 avril par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona. Cette rencontre a été marquée par des échanges approfondis sur le dialogue social, mais surtout par une mise en garde ferme du membre du gouvernement sur les pratiques de recrutement international.

Pendant plus d’une heure d’entretien, le ministre Grégoire Owona et ses hôtes du CSFEF ont passé en revue plusieurs enjeux liés au dialogue social dans le secteur de l’éducation, tout en explorant des pistes de coopération. Organisation syndicale internationale regroupant des acteurs de l’éducation dans l’espace francophone, le CSFEF milite pour une éducation publique de qualité, la défense des droits des personnels éducatifs et le renforcement de la coopération syndicale. Basé à Montréal et à Paris, il représente environ 33 millions d’enseignants à travers le monde. Mais au-delà des questions structurelles du dialogue social, c’est surtout la position du ministre camerounais qui a retenu l’attention. Selon les échanges rapportés, Grégoire Owona a fermement dénoncé les pratiques de recrutement de personnels camerounais par certains pays, notamment le Canada. Il a appelé à une meilleure régulation de ces mouvements de main-d’œuvre qualifiée, estimant qu’ils peuvent fragiliser les secteurs essentiels du pays. Le ministre a ainsi insisté sur la nécessité de préserver les ressources humaines nationales, en particulier dans les domaines sensibles comme l’éducation et la santé.

Pour Luc Beauregard, secrétaire général du CSFEF, cette rencontre a permis de réaffirmer l’importance d’un dialogue social structuré et permanent. Il a toutefois reconnu la pertinence de certaines préoccupations exprimées : « Le dialogue social doit être continu permettant à chacun de jouer pleinement son rôle. » De son côté, Tamo Michel, secrétaire général de la Fédération des syndicats de l’enseignement et de la recherche (FESER), a souligné la richesse des échanges, notamment sur les mécanismes de concertation syndicale et les défis organisationnels du secteur éducatif.
Les discussions ont également porté sur plusieurs autres dossiers sensibles, notamment l’absence de statut clair et de profil de carrière pour les enseignants, la question de la récupération des enseignements, la liberté syndicale, ainsi que la convention collective de l’enseignement privé. Créé en 1993, le CSFEF poursuit son engagement en faveur d’un dialogue social renforcé dans l’espace francophone. Cette audience au ministère du Travail intervient quelques heures avant la célébration de la 140e Fête Internationale du Travail et s’inscrit ainsi dans une dynamique de coopération, malgré des positions parfois fermes sur des enjeux de souveraineté en matière de ressources humaines.
La Rédaction (+237) 676 26 12 02 – 698 33 39 66.
