Au cœur du plus grand rendez-vous africain de l’eau et de l’assainissement, le réseau ANEW a porté la voix des communautés et dénoncé l’exclusion persistante de la société civile des espaces de décision.
Par BSD

Du 9 au 13 février 2026, la capitale camerounaise a accueilli le 23e Congrès et Exposition Internationale de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AFWASA). Dans un environnement largement dominé par les institutions et les acteurs techniques, le réseau continental ANEW (African Civil Society Network on Water and Sanitation) a fait entendre la voix de la société civile africaine à travers son représentant, Blondel Silenou Demanou, Secrétaire Général de JVE Cameroun. Dès la cérémonie d’ouverture, présidée par le Ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie Gaston Eloundou Essomba représentant le Chef de l’État, le message était clair: l’Afrique fait face à une urgence majeure en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement. Une urgence que les organisations de terrain dénoncent depuis des années, souvent sans disposer d’un véritable espace d’influence dans les grandes rencontres continentales.
Pendant toute la semaine, ANEW a multiplié les échanges stratégiques avec plusieurs acteurs clés du secteur. Des discussions ont notamment été engagées avec des maires camerounais, dont celui de Dschang, avec des femmes professionnelles de l’eau et de l’assainissement en vue du lancement du chapitre national ANEW Cameroun, ainsi qu’avec Djibrilla, Président de Global Water Partnership Afrique Centrale, pour préparer la participation de la société civile africaine à la Conférence des Nations Unies sur l’Eau prévue en décembre 2026 aux Émirats Arabes Unis. « Ce congrès confirme que la société civile est indispensable à la gouvernance de l’eau en Afrique mais elle reste structurellement exclue des espaces où se prennent les décisions. Tant que les frais d’inscription resteront prohibitifs et qu’aucun programme ne lui sera dédié, notre présence restera militante là où elle devrait être naturelle. »Blondel Silenou Demanou, représentant d’ANEW.

Cette édition du Congrès AFWASA a également mis en lumière une réalité préoccupante: l’absence quasi totale des organisations de jeunesse et la difficulté persistante pour les petites structures communautaires de participer à ces espaces, en raison de coûts d’accès élevés. Pourtant, ce sont précisément ces organisations qui interviennent au plus près des populations privées d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. À l’issue du congrès, ANEW entend transformer les alliances construites à Yaoundé en leviers d’action pour les grands rendez-vous internationaux de fin d’année. Le réseau prévoit également d’interpeller officiellement les instances dirigeantes de l’AFWASA afin de plaider pour la création d’un fonds de solidarité et d’un espace institutionnel permanent dédié à la société civile dans les prochains congrès.
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