Invité à prendre la parole lors de la Conférence panafricaine FemmeAdaptClimat 2026 à l’Assemblée nationale du Cameroun, Bertrand Aboudi Ngono, Directeur Exécutif de Care For Environment (CFE), a défendu une vision ambitieuse de la transition écologique en Afrique. Face aux défis climatiques croissants, il a appelé à placer la Transition Juste au cœur des politiques de développement et a proposé l’adoption d’une Taxonomie Verte nationale pour orienter efficacement les investissements et accélérer la transformation durable des économies africaines.
Par Gervais Fredy M

À l’occasion de la Conférence panafricaine FemmeAdaptClimat 2026, organisée à l’Assemblée nationale du Cameroun, Bertrand Aboudi Ngono s’est distingué par une intervention remarquée lors du panel consacré aux entreprises, à l’économie verte et à la transition durable.Prenant la parole en sa qualité de Directeur Exécutif de Care For Environment, il a insisté sur la nécessité pour les pays africains d’adopter une approche de la transition écologique qui ne se limite pas aux impératifs environnementaux, mais qui intègre également les dimensions sociales et économiques du développement. Selon lui, « une transition écologique ne sera durable que si elle est également juste, inclusive et créatrice d’opportunités ».Au cœur de son intervention figurait le concept de Transition Juste, qu’il considère comme un levier essentiel pour garantir que les bénéfices de la transformation écologique profitent à l’ensemble des populations, notamment aux travailleurs, aux communautés vulnérables et aux jeunes générations.
Pour Bertrand Aboudi Ngono, la lutte contre les changements climatiques doit aller de pair avec la création d’emplois décents, le renforcement de la cohésion sociale et la réduction des inégalités. Afin de concrétiser cette vision, il a proposé la mise en place d’une Taxonomie Verte nationale, présentée comme un instrument stratégique capable de structurer les efforts du Cameroun et, plus largement, des pays africains en matière de développement durable. Ce référentiel permettrait d’identifier clairement les activités économiques contribuant à la transition écologique, tout en orientant les investissements publics et privés vers des secteurs à fort impact environnemental positif.

L’adoption d’un tel mécanisme offrirait également de nouvelles perspectives en matière de financement climatique, en facilitant l’accès aux ressources dédiées à la finance durable. Elle contribuerait par ailleurs à renforcer la crédibilité des initiatives environnementales grâce à des critères transparents et mesurables, limitant ainsi les risques de greenwashing. Au-delà de l’enjeu financier, Bertrand Aboudi Ngono a souligné l’importance d’accompagner les travailleurs et les communautés dans les mutations économiques liées à la transition écologique. Une démarche qui, selon lui, doit favoriser l’émergence d’une industrialisation verte reposant sur la valorisation durable des ressources locales et sur la création d’emplois verts inclusifs. Par cette intervention, le responsable de Care For Environment a rappelé que l’Afrique dispose aujourd’hui d’une occasion historique de construire un modèle de développement conciliant croissance économique, justice sociale et préservation de l’environnement. Un objectif qui, à ses yeux, ne pourra être atteint qu’en faisant de la Transition Juste le fondement des politiques climatiques et économiques du continent.
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