À l’occasion de la Journée internationale des familles célébrée le 15 mai 2026, la Commission des droits de l’homme du Cameroun met en garde contre l’aggravation des inégalités sociales, économiques et migratoires qui fragilisent les familles et compromettent l’avenir des enfants. L’institution appelle à des politiques publiques plus inclusives pour préserver la cohésion sociale.
Par Belgrace Akamba

La Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a profité de la célébration de la Journée internationale des familles pour attirer l’attention sur les profondes inégalités qui traversent la société camerounaise et leurs conséquences directes sur les familles et les enfants. Placée sous le thème « Familles, inégalités et bien-être des enfants », l’édition 2026 de cette journée internationale met en évidence l’urgence de réduire les fractures sociales qui menacent la stabilité familiale et le développement harmonieux des plus jeunes.
Dans sa déclaration publiée le 15 mai, la CDHC souligne que les inégalités liées au genre, à l’origine sociale, au handicap ou encore au statut migratoire continuent d’accentuer les difficultés auxquelles font face de nombreuses familles. Selon l’institution, ces disparités limitent l’accès équitable aux services essentiels tels que l’éducation, les soins de santé, la protection sociale et les services d’état civil, compromettant ainsi les chances d’épanouissement des enfants. La Commission estime que la montée des inégalités contribue à la fragilisation progressive des structures familiales. Les populations les plus vulnérables, notamment dans les zones rurales ou affectées par les crises sécuritaires et économiques, sont davantage exposées à la précarité, aux déplacements forcés et à l’exode rural.

Une situation qui affaiblit les liens familiaux et réduit les capacités de prise en charge des enfants. La CDHC s’inquiète particulièrement des conséquences sociales de ces déséquilibres. Elle note que les inégalités alimentent les violences intrafamiliales, les tensions sociales ainsi que les phénomènes d’abandon et de marginalisation des enfants. Les femmes et les mineurs demeurent les premières victimes de cette précarité grandissante, dans un contexte marqué par la recrudescence des violences sexuelles, des féminicides, des infanticides et des violences conjugales.
L’institution rappelle également que les migrations irrégulières et les déplacements forcés aggravent davantage les inégalités sociales. De nombreux enfants se retrouvent privés de soutien affectif, exposés à l’instabilité émotionnelle, à l’exploitation, à la traite ou encore aux abus le long des routes migratoires. Dans son analyse, la CDHC pointe aussi la corruption comme un facteur aggravant des inégalités au Cameroun. Selon elle, le détournement des ressources publiques destinées aux services sociaux de base prive les familles vulnérables d’un accès équitable à l’éducation, à la santé et aux services administratifs essentiels. La Commission appelle ainsi à un renforcement des mécanismes de contrôle citoyen dans les écoles, centres de santé et services d’état civil afin de mieux lutter contre les pratiques corruptives.Face à cette situation, la Commission plaide pour des politiques publiques davantage centrées sur la famille et la justice sociale. Elle insiste sur la nécessité de mettre en place des réponses structurelles capables de réduire durablement les inégalités et de garantir à chaque enfant les mêmes opportunités de développement, indépendamment de son milieu social ou de sa situation familiale. La CDHC rappelle enfin que la protection de la famille est une obligation constitutionnelle au Cameroun et appelle l’ensemble des acteurs publics, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile et des parents à renforcer leurs engagements pour préserver la cohésion sociale et assurer un avenir plus équitable aux enfants.
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