Un contrôle routier mené le 2 mai à Zamakoe, sur l’axe Yaoundé–Mbalmayo, par des agents du ministère des Transports, suscite de fortes interrogations. Entre effectif jugé excessif, tenues non conformes, confusion dans l’exécution des missions et menaces d’application de la loi, l’opération relance le débat sur la rigueur et la crédibilité des contrôles routiers.
Par: L’oeil du cyclone

Ce samedi 2 mai aux environs de 12h, un contrôle de routine s’effectue à Zamakoe, sur la route reliant Yaoundé à Mbalmayo. Douze agents du ministère des Transports occupent le terrain pour une mission de vérification des usagers de la route. D’emblée, l’effectif surprend. Douze agents pour un contrôle routier de routine: la disproportion interroge et alimente le malaise sur la gestion des opérations sur le terrain. Plus troublant encore, certains éléments présents ne sont pas clairement identifiés comme appartenant au service, soulevant des doutes sur la composition réelle de l’équipe déployée.
L’image renvoyée sur le terrain accentue les critiques. Les tenues portées par les agents apparaissent délavées, parfois non conformes aux standards attendus. Une présentation qui fragilise l’autorité du dispositif et contraste avec la rigueur que devrait incarner un service de contrôle. Dans l’exécution de leur mission, les priorités semblent brouillées. Au lieu de concentrer l’attention sur les éléments essentiels de sécurité routière extincteur, boîte à pharmacie, port de la ceinture, état des pneus les agents s’attardent principalement sur la CNI et les papiers du véhicule. Une dérive qui donne le sentiment d’un contrôle désorganisé, loin de son objectif initial.

Sur le terrain, la tension monte lorsque certains conducteurs contestent la pertinence de certaines demandes et refusent de présenter des pièces jugées hors cadre. La réaction des agents se durcit, avec des menaces d’application stricte de la loi, dans un contexte où sa mise en œuvre apparaît pourtant contestée dans sa cohérence même. Plus grave encore, aucune lettre de mission n’est présentée, laissant planer un flou total sur le cadre administratif de l’intervention. Cette absence de transparence alimente les soupçons et fragilise davantage la légitimité de l’opération.
Dans ces conditions, une interpellation directe s’impose au Ministre des Transports: comment justifier de tels dysfonctionnements répétés sur le terrain ? Comment comprendre la présence d’un effectif aussi pléthorique, parfois composé d’éléments non clairement identifiés du service ? Et surtout, comment expliquer que des agents chargés de faire respecter la loi donnent le sentiment d’en méconnaître eux-mêmes les contours et les limites ? Au-delà du cas de Zamakoe, c’est la crédibilité même des contrôles routiers qui est en jeu. Quand l’exécution s’éloigne des règles, quand la forme contredit le fond, et quand l’autorité se confond avec l’improvisation, c’est toute la mission de service public qui perd en légitimité.
La Rédaction 676 26 12 02
