Réunis autour d’une séance d’échanges avec le Directeur Général de la SONAMINES, Serge Hervé Boyogueno le 26 Mai dernier, les représentants de la société civile ont obtenu des clarifications sur les missions de l’entreprise publique, dans un contexte marqué par des dénonciations liées à l’exploitation anarchique de l’or, la fraude et les pertes économiques subies par l’État camerounais.
Par GFM

Le Directeur Général de la Société Nationale des Mines (SONAMINES), Serge Hervé Boyogueno, a reçu récemment des représentants de la société civile conduits par Simon Kaldjop, président de la plateforme des consommateurs, dans le cadre d’un échange portant sur les préoccupations liées à l’exploitation aurifère au Cameroun. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par de nombreuses dénonciations autour de l’évasion des ressources minières, de la corruption, de l’exploitation anarchique de l’or, ainsi que des atteintes à l’environnement attribuées à certains acteurs du secteur.
Au cours des échanges, le Directeur Général de la SONAMINES a tenu à clarifier les missions et le champ d’action de cette jeune institution créée il y a seulement cinq ans. Selon lui, plusieurs griefs portés contre la SONAMINES relèvent en réalité d’un contexte antérieur à sa création. « La SONAMINES est très jeune dans un monde très vieux. L’exploitation semi-mécanisée existe depuis près de vingt ans alors que la SONAMINES n’a que cinq ans d’existence. De ce fait, elle ne peut être tenue responsable des reproches liés à l’entretien de l’exploitation semi-mécanisée illégale sur le terrain », a expliqué Serge Hervé Boyogueno.
Le DG a également rappelé que l’activité d’exploitation semi-mécanisée a véritablement pris de l’ampleur en 2011 avec le lancement des travaux du barrage de Lom-Pangar, bien avant que le cadre juridique ne soit véritablement renforcé. Il a précisé que la loi minière de 2016 ne disposait pas de décret d’application, situation corrigée avec la loi de 2023 et ses textes d’application publiés en 2024, lesquels permettront désormais un meilleur encadrement de l’exploitation artisanale semi-mécanisée.

Face aux accusations formulées contre son institution, Serge Hervé Boyogueno s’est dit surpris de n’avoir jamais reçu de demande officielle d’information de la part du collectif avant l’annonce d’une manifestation devant les locaux de la SONAMINES. « La SONAMINES n’a rien à cacher. Nous travaillons en toute transparence. Ce fut un plaisir d’échanger et de clarifier la situation autour de l’exploitation semi-mécanisée anarchique », a-t-il déclaré.
Le Directeur Général a également mis en lumière les défis liés au trafic illicite de l’or camerounais. Selon lui, le Cameroun est un hub de trafic d’or pour la sous-région. Autrement, les importantes quantités d’or qui quittent clandestinement le pays favorisent des circuits de blanchiment à l’international, notamment via certains bureaux d’achat. Dans ce contexte, il a rappelé que la SONAMINES demeure, conformément à son décret de création et au Code minier, le comptoir unique de commercialisation de l’or au Cameroun.
« Nous ne pouvons pas délivrer de comptoirs de commercialisation tant que nous n’y voyons pas clair dans les circuits de trafic de l’or au Cameroun. Que ceux qui ont de l’or à vendre viennent le vendre à la SONAMINES, puisqu’elle est le comptoir unique », a insisté le DG.
En cinq années d’existence, la SONAMINES affirme avoir collecté près de 784 kilogrammes d’or ce qui n’avait jamais été le cas, dans un contexte où l’État camerounais continue de subir d’importantes pertes économiques dues à l’exploitation illégale et à la contrebande .
De son côté, Simon Kaldjop a salué l’esprit de dialogue qui a marqué cette rencontre. Il a reconnu que plusieurs accusations portées contre la SONAMINES relevaient d’une mauvaise compréhension de ses missions régaliennes. « Au sortir de cet échange convivial, nous comprenons désormais mieux les missions et le champ d’action de la SONAMINES. Nous repartons comme des personnes averties », a-t-il affirmé.
Le président de la plateforme des consommateurs a également insisté sur l’ampleur des pertes fiscales enregistrées par le Cameroun dans le secteur aurifère, estimant que des centaines de milliards de francs CFA échappent chaque année à l’économie nationale.
Selon lui, une meilleure maîtrise de la filière pourrait contribuer significativement au financement des infrastructures publiques, notamment les écoles, les routes et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Cette rencontre apparaît ainsi comme une première étape vers un dialogue plus constructif entre la SONAMINES et les organisations de la société civile, dans un contexte où les autorités entendent renforcer la gouvernance et la transparence dans le secteur minier camerounais.
