La ville de Douala a abrité, du 8 au 9 mai, la 5e Journée des réalités pédiatriques africaines, une rencontre scientifique d’envergure consacrée à l’amélioration de la prise en charge du nouveau-né et de l’enfant. Plus de 250 participants, composés de pédiatres, médecins généralistes, résidents en pédiatrie et personnels paramédicaux, ont pris part à cet événement organisé par la Société Camerounaise de Pédiatrie (SOCAPED) en collaboration avec le Nestlé Nutrition Institute (NNI), sous la supervision de la délégation régionale de la Santé publique du Littoral.
Par Gervais Fredy M

Placée sous le thème « L’oxygénothérapie en milieu thérapeutique camerounais », cette rencontre a alterné symposium scientifique et ateliers pratiques, avec un accent particulier sur la réanimation néonatale et les gestes à poser dès les premières minutes de vie. L’objectif principal était de renforcer les capacités du personnel de santé afin de réduire les décès évitables à la naissance. Au cœur des échanges, les experts ont insisté sur l’importance capitale de la “minute d’or”, cette période critique immédiatement après la naissance où chaque seconde compte pour la survie du nouveau-né. Les intervenants ont rappelé que la prise en charge correcte durant cette phase repose sur des gestes simples mais vitaux : sécher le bébé, le réchauffer, libérer les voies aériennes et, si nécessaire, assurer une ventilation efficace. Dans cette logique, plusieurs pratiques inappropriées encore observées dans certains contextes ont été fermement déconseillées. Les spécialistes ont notamment dénoncé l’inhalation d’alcool administrée au nouveau-né, les gifles aux fesses, ou encore les immersions improvisées dans les toilettes, qualifiées de gestes non scientifiques, inefficaces et potentiellement dangereux. Ces pratiques, ont-ils insisté, n’ont aucune utilité médicale et peuvent aggraver l’état du nouveau-né. Les participants ont également été sensibilisés à l’importance d’un environnement adapté en salle d’accouchement. Le port et où l’installation d’une horloge visible a été fortement recommandée afin de permettre une meilleure gestion du temps lors des interventions critiques, notamment pendant la réanimation néonatale.

Le respect du temps étant un facteur déterminant dans la survie de l’enfant. Autre point essentiel abordé: la nécessité pour le personnel de santé de travailler en équipe lors des réanimations. Être assisté permet d’améliorer la coordination des gestes, de réduire les erreurs et d’assurer une meilleure prise en charge globale du nouveau-né en détresse. Dans ses interventions, le Pr Kedy Koum a rappelé que la majorité des nouveau-nés, environ 95 %, n’ont pas besoin d’intervention particulière à la naissance. Cependant, pour les 5 % nécessitant une aide, la qualité et la rapidité des gestes posés sont déterminantes. Elle a insisté sur la nécessité de savoir anticiper, évaluer correctement le nouveau-né, ventiler efficacement et maîtriser les techniques de réanimation.

Elle a également souligné que la salle d’accouchement doit être un environnement chaud et contrôlé, avec une température idéale comprise entre 25 et 28 degrés Celsius. Selon lui, le nouveau-né a besoin de chaleur pour s’adapter à la vie extra-utérine, et non de refroidissement excessif causé notamment par l’usage inapproprié de climatiseurs. Au-delà des aspects techniques, cette 5e édition a mis en évidence le rôle stratégique du Nestlé Nutrition Institute dans le renforcement des capacités du personnel de santé et la promotion d’une meilleure prise en charge maternelle et infantile au Cameroun.
En définitive, cette rencontre de Douala s’impose comme un cadre essentiel de formation et de sensibilisation, rappelant que la survie du nouveau-né dépend avant tout de gestes simples, rapides, maîtrisés et scientifiquement fondés dès la première minute de vie.
La Rédaction: (+237) 676 26 12 02/ 698 33 39 66
