Réunis à Douala du 8 au 9 mai à l’occasion de la 5e édition des Journées des Réalités Pédiatriques Africaines, professionnels de santé, pédiatres et médecins résidents ont renforcé leurs compétences en réanimation néonatale. Une rencontre scientifique stratégique axée sur la réduction des décès en salle d’accouchement grâce à une prise en charge rapide, une meilleure évaluation du nouveau-né et des gestes adaptés dès les premières minutes de vie.
Par Gervais Fredy M

À Douala, les enjeux de la survie néonatale étaient au cœur des échanges lors des 5e Journées des Réalités Pédiatriques Africaines organisées par la Société Camerounaise de Pédiatrie (SOCAPED) en collaboration avec Nestlé Nutrition Institut. Pendant deux jours, médecins, spécialistes et résidents en pédiatrie ont pris part à des ateliers théoriques et pratiques consacrés à la réanimation néonatale et à l’évaluation du nouveau-né en salle d’accouchement. L’objectif principal de cette rencontre scientifique était de renforcer les capacités des personnels de santé afin de réduire les décès néonataux liés aux complications à la naissance. Les participants ont notamment été édifiés sur l’adaptation du nouveau-né à la naissance, la prise du premier souffle ainsi que les complications pouvant survenir dans les toutes premières minutes de vie.
Pour le Dr Rickneil Kamgaing, résident à la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales (FMSB) et en stage à l’hôpital Saint Jean de Malte de Djombé, cette formation représente un véritable outil d’amélioration des pratiques médicales.

« Nous avons été édifiés sur l’adaptation du nouveau-né à la naissance permettant qu’il prenne son premier souffle et sur les complications qui peuvent en découler. Nous avons également appris comment évaluer le nouveau-né à l’aide du Score d’Apgar, quels gestes poser selon les résultats obtenus et quelle surveillance adopter », explique-t-il. Le jeune médecin insiste également sur l’importance de l’anticipation et de la préparation en salle d’accouchement. Selon lui, les questions posées préalablement à la mère permettent aux équipes médicales de se préparer à toute éventualité, aussi bien pour la mère que pour le bébé. « La phase pratique va nous aider à sauver des vies à la minute post-natale. En salle d’accouchement, il est indispensable de disposer d’un matériel adéquat, notamment d’une table radiante permettant de préchauffer l’environnement du nouveau-né », ajoute-t-il, avant d’encourager ses camarades à faire preuve de rigueur, de méticulosité et d’attention dans leur pratique quotidienne. Même son de cloche chez le Dr Mafo Fonkwo Vanessa, résidente en 4e année de pédiatrie à la FMSB de Yaoundé I, qui retient particulièrement l’importance du Score d’Apgar dans l’évaluation rapide du nouveau-né.

« Nous avons appris que tous les nouveau-nés n’ont pas forcément besoin d’une réanimation. La première étape est l’évaluation à travers le Score d’Apgar qui apprécie des éléments essentiels: l’apparence, la fréquence cardiaque, la réactivité, le tonus musculaire et la respiration », précise-t-elle. Ce score, évalué à la première, à la cinquième et à la dixième minute après la naissance, permet au personnel soignant de déterminer rapidement l’état du nouveau-né et les gestes nécessaires à poser. « Si un nouveau-né crie et bouge spontanément, il n’a pas besoin de réanimation. Ce sont des choses simples mais essentielles à maîtriser », souligne-t-elle, saluant une formation continue « toujours bénéfique pour la pratique médicale ».
Parmi les temps forts de ces journées scientifiques, l’intervention du Dr Nounkeu, présenté comme « le père de la réanimation pédiatrique », a particulièrement marqué les participants.

L’expert a rappelé que la réanimation consiste en « l’ensemble des actes qui participent au maintien des organes vitaux ». Les échanges ont également permis de rappeler plusieurs principes fondamentaux: la nécessité de disposer d’un matériel fonctionnel et prêt à l’usage en salle d’accouchement, l’importance du travail en équipe la réanimation néonatale se pratiquant idéalement à deux avec le plus expérimenté au niveau de la tête ainsi que l’obligation de communiquer efficacement avec les parents tout en anticipant les complications possibles. Selon les données évoquées durant les travaux, près de 8,5 nouveau-nés sur 10 se portent bien dès la naissance, preuve que des gestes simples, rapides et bien coordonnés peuvent considérablement améliorer la survie néonatale.
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