Réunis à Douala jusqu’au 2 juillet, des cadres des douanes, du commerce et du secteur privé suivent une formation de haut niveau destinée à créer le premier vivier national de formateurs sur les règles d’origine. Un levier stratégique pour permettre aux entreprises camerounaises de mieux tirer profit de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
Par Gervais Fredy Memana

Le Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC) a lancé, ce lundi 29 juin à l’hôtel Sawa de Douala, un atelier de quatre jours consacré aux règles d’origine. Placée sous la présidence du Directeur Général du CNCC, Auguste Mbappé Penda, cette session est organisée en partenariat avec l’Organisation mondiale des douanes (OMD), dans le cadre du Programme UE-OMD sur les règles d’origine en Afrique, financé par l’Union européenne. Les travaux s’achèveront le 2 juillet.
L’ambition est claire: constituer le tout premier noyau national de quinze à vingt formateurs issus des administrations des douanes, du ministère du Commerce, du secteur privé et des principales filières exportatrices (cacao-café, coton-textile, bois, agro-industrie). Ces experts auront pour mission de diffuser les bonnes pratiques liées aux critères d’origine, à la transformation substantielle, au changement de classement tarifaire ou encore à la valeur ajoutée, afin d’améliorer la maîtrise de ces mécanismes par les opérateurs économiques. Cette première cohorte intégrera, à terme, le Réseau africain des formateurs en règles d’origine mis en place par l’OMD.
Pour le Directeur Général du CNCC, cet atelier marque une étape déterminante dans la préparation du Cameroun aux opportunités offertes par le marché continental africain.

« C’est un atelier spécialisé, à la limite une formation des formateurs, pour maîtriser les règles d’origine et surtout permettre aux opérateurs économiques de mieux connaître les nombreux avantages qui leur sont offerts, mais qu’ils ignorent encore très souvent », souligne Auguste Mbappé Penda. Selon lui, le développement d’une expertise nationale sur ces questions constitue un investissement stratégique pour le pays: il permettra de sécuriser les échanges commerciaux, de faciliter l’accès des produits camerounais aux préférences tarifaires de la ZLECAf, d’améliorer la compétitivité des entreprises locales et, à terme, de contribuer à la croissance économique, à la création d’emplois et à l’industrialisation du Cameroun.
L’enjeu dépasse largement le cadre technique. Les règles d’origine, qui conditionnent l’accès aux préférences tarifaires prévues par les accords commerciaux, demeurent insuffisamment maîtrisées par de nombreux exportateurs, transitaires et logisticiens. Cette situation entraîne des surcoûts, des retards dans les procédures douanières et parfois des litiges qui pénalisent la compétitivité des entreprises. Le Cameroun dispose pourtant d’atouts importants. Il figure parmi les huit pays retenus en 2022 pour la phase pilote de l’Initiative de commerce guidé de la ZLECAf, aux côtés de l’Égypte, du Ghana, du Kenya, de Maurice, du Rwanda, de la Tanzanie et de la Tunisie.
La coordination nationale de cette initiative a été confiée au CNCC par le ministère du Commerce, tandis que plus de 265 entreprises camerounaises exportatrices vers le continent africain ont déjà été recensées. Le défi est particulièrement crucial pour les petites et moyennes entreprises, qui représentent l’essentiel du tissu économique national. Elles contribuent à près de 35 % du PIB camerounais et génèrent environ 70 % des emplois, mais demeurent les plus exposées aux contraintes liées à la certification de l’origine des produits.
En renforçant les capacités nationales dans ce domaine, le CNCC entend favoriser une meilleure intégration des entreprises camerounaises dans les chaînes de valeur régionales et permettre au pays de capter davantage des opportunités offertes par la ZLECAf.
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