Regardez-les fouler le sol de la patrie. De Yaoundé la capitale politique à Douala l’économique, en passant par le charme balnéaire de Kribi et l’authenticité d’Elig-Mfomo, le Cameroun vibre.
Par Gaël T.N

Depuis le 8 juillet, et ce jusqu’au 12 juillet 2026, le Cameroun devient le théâtre d’une grande première: les Assises de l’Association des Élus en France d’origine ou de Nationalité Camerounaise (EFRACAM). Sous la coordination de M. Pierre De Gaétan Njikam Mouliom, adjoint au maire de Bordeaux et figure de proue de cette diaspora qui n’a jamais coupé le cordon ombilical, cet événement n’est pas un simple forum de plus.
Placées sous le Très Haut Patronage du Président de la République, S.E. Paul Biya, ces assises marquent un tournant historique. Les travaux, ouverts solennellement à la salle Ongola du Conseil Régional du Centre par son président, Gilbert Tsimi Evouna, posent les jalons d’un nouveau paradigme. Pendant trop longtemps, la diaspora a été perçue uniquement à travers le prisme des transferts de fonds familiaux ou des débats virtuels. Aujourd’hui, la donne change. Ces élus, façonnés à l’école de la gouvernance locale hexagonale, reviennent au bercail les bras chargés d’expertises, de réseaux et d’ambitions. Ils ne viennent pas en donneurs de leçons, mais en partenaires stratégiques pour booster notre décentralisation. L’enjeu est crucial, et le cri de cœur des magistrats municipaux de l’arrière-pays résonne avec force. Écoutons Abdouraman Saidou, maire de la commune d’arrondissement de Guider. Voilà un édile qui vient de lancer l’élaboration de son Plan Local d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (PLADDT). Pour Guider, comme pour tant d’autres communes reculées, la gestion des déchets, l’accès à l’eau potable et l’assainissement sont des défis quotidiens face à une demande croissante. L’État ne peut tout faire tout seul, les budgets locaux sont limités.

La solution réside dans ces alliances nouvelles, dans ces contrats de coopération décentralisée que ces assises permettent de nouer. Économie bleue, transition écologique, insertion professionnelle des jeunes, sport, culture… tous les secteurs névralgiques sont sur la table. Au-delà des discours protocolaires, ce rendez-vous de juillet se veut pragmatique. Des rencontres B to B, des signatures de conventions et des actions de solidarité concrètes sur le terrain viennent ancrer cette initiative dans le réel.
Soutenues par les ministères régaliens (MINREX, MINDDEVEL, MINHDU) et les grandes institutions des deux rives de la Méditerranée, ces premières assises d’EFRACAM prouvent que la double culture est une richesse inestimable et pas un danger à craindre. Ces élus sont des passerelles d’or entre la France et le Cameroun. Le temps du diagnostic est dépassé ; place à l’action territoriale. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les territoires camerounais s’ouvrent à l’innovation. Que cette synergie nouvelle entre élus d’ici et d’ailleurs devienne le moteur durable de notre émergence !
La Rédaction: (+237) 676 26 12 02
