À l’occasion d’une prise de parole politique ce 23 juillet à son siège, le Social Democratic Front (SDF) a fermement rejeté toute éventuelle prorogation des mandats des députés et des conseillers municipaux. Le parti appelle également à l’unité de l’opposition pour défendre le respect du calendrier électoral et relance son plaidoyer en faveur d’une solution politique à la crise qui secoue le Nord-Ouest et le Sud-Ouest depuis une décennie.
Par Gervais Fredy M

Le Social Democratic Front (SDF) hausse le ton face à l’éventualité d’un nouveau report des élections législatives et municipales, prévues, conformément aux dispositions légales, au début de l’année 2027. Pour le parti, les députés de l’Assemblée nationale et les conseillers municipaux exercent déjà leurs fonctions dans le cadre de mandats ayant fait l’objet de prorogations. Toute nouvelle extension constituerait, selon lui, une atteinte à la souveraineté populaire. Le SDF estime que, dans le contexte institutionnel actuel marqué notamment par la vacance du poste de vice-président et les interrogations entourant la succession au sommet de l’État un report supplémentaire aggraverait les incertitudes politiques. « Le Cameroun n’a pas besoin de moins d’élections. Il a besoin de la légitimité que seules les urnes peuvent conférer », soutient le parti.
Sans ambiguïté, le SDF appelle le gouvernement à respecter le calendrier électoral. Il prévient que toute tentative de reporter les scrutins, quels qu’en soient les motifs sécuritaires, financiers, organisationnels ou politiques serait considérée comme une confiscation anticonstitutionnelle de la volonté du peuple.
Dans cette perspective, le parti lance un appel solennel à l’ensemble des formations de l’opposition. Au-delà des divergences de stratégie, de candidats ou d’histoire politique, il les invite à se rassembler autour d’une exigence commune: la tenue des élections législatives et municipales aux dates prévues, dans des conditions garantissant la transparence et la crédibilité du scrutin. Le SDF annonce, par ailleurs, son intention de réunir les forces politiques partageant cette position afin de formaliser un front commun contre tout report des échéances électorales.
Le calendrier électoral n’appartient pas au gouvernement, mais au peuple souverain », martèle le Président du Parti. Au-delà de la question électorale, le SDF revient également sur la crise qui frappe les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis dix ans. Le parti rappelle que le mouvement est né des revendications d’enseignants et d’avocats, avant de dégénérer en un conflit armé dont les conséquences continuent de peser lourdement sur les populations. Le bilan dressé est particulièrement alarmant: plus de 6 000 personnes tuées, près de 648 000 déplacés internes, environ 80 000 réfugiés au Nigeria, plus de 600 000 enfants privés d’école, quelque 2 000 personnes emprisonnées en lien avec la crise et près de deux millions de personnes ayant besoin d’une assistance humanitaire. À ces pertes humaines s’ajoutent d’importants dégâts économiques, avec un secteur agricole fragilisé, une activité industrielle en recul et une baisse des investissements.

Pour le SDF, cette guerre est devenue « inutile », car « personne n’a gagné et tout le monde a perdu ». Le parti dénonce surtout ce qu’il qualifie de « banalisation de la crise », alors que les souffrances des populations perdurent. Réaffirmant les propositions déjà présentées lors de l’élection présidentielle de 2025, le SDF défend un plan de sortie de crise articulé autour de cent jours.
La première phase prévoit notamment la libération conditionnelle des détenus liés au conflit n’ayant pas été condamnés pour des crimes de sang, le réexamen des conditions de détention de certains dirigeants sécessionnistes afin de favoriser un climat de confiance, la mise en place d’un commandement unifié des forces de défense opérant dans les deux régions, la fin des exactions contre les civils, l’ouverture de corridors humanitaires pour l’acheminement de l’aide et la réouverture progressive des services essentiels.À travers cette double offensive politique, le SDF entend replacer au cœur du débat national deux priorités qu’il juge indissociables: le respect du calendrier démocratique et la recherche d’une solution politique durable à la crise anglophone.
La Rédaction: (+237) 676 26 12 02
