À travers le séminaire de Kribi consacré à la modernisation de la gestion des ressources humaines de l’administration publique, le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative entend placer la dignité des retraités au cœur des réformes. L’objectif affiché : garantir une préparation plus efficace des départs à la retraite, sécuriser les droits des agents publics et offrir à ceux qui ont consacré leur carrière au service de la Nation un accompagnement à la hauteur de leur engagement.
Par Gervais Fredy Memana

La retraite dans la fonction publique ne doit plus être perçue comme une rupture brutale avec l’administration, mais comme une étape préparée, encadrée et respectueuse des droits acquis. C’est l’une des orientations majeures qui ressort du séminaire organisé à Kribi, où les acteurs de la gestion publique ont été appelés à faire de la réforme administrative un véritable levier de modernisation au service de l’État, des agents publics et des usagers. Au centre des préoccupations, outre la réappropriation; la nécessité de revaloriser la prise en charge des retraités et d’améliorer le traitement des dossiers de départ à la retraite. Pour le MINFOPRA, la qualité d’une administration moderne se mesure aussi à sa capacité à accompagner dignement celles et ceux qui ont consacré leur vie professionnelle au service public.
Un principe a été rappelé avec force: « Le ministre qui utilise un agent public gère sa solde et sa carrière. » Cette responsabilité relève des administrations employeuses. Le MINFOPRA ne saurait se substituer aux structures auxquelles incombent la gestion quotidienne des personnels et le suivi de leurs situations administratives. Dans cette perspective, les secrétaires généraux, véritables chefs d’orchestre des administrations, ainsi que les directeurs des ressources humaines, les directeurs des affaires générales et les contrôleurs financiers, sont appelés à jouer un rôle déterminant. Ils sont les pilotes opérationnels du changement, chargés de lever les blocages, d’instaurer une culture de performance fondée sur les résultats et d’impulser la dynamique des réformes. La réussite de cette transformation passe également par la fiabilité des données administratives. Le système AIGLES ne peut produire des résultats satisfaisants et fiables que si chaque administration veille à l’actualisation permanente de son fichier du personnel.

Chaque nomination, avancement, changement de situation administrative ou départ à la retraite doit être enregistré dans les meilleurs délais .Cette rigueur dans la gestion du fichier du personnel constitue une condition essentielle pour garantir une meilleure gestion des carrières, sécuriser la solde, maîtriser la masse salariale et accélérer la préparation ainsi que le traitement des dossiers de retraite. Au-delà des procédures, c’est la dimension humaine qui demeure au cœur de cette réforme.
Certains compatriotes admis à la retraite ont parfois le sentiment d’être oubliés ou mis à l’écart après plusieurs années de loyaux services. Pourtant, c’est précisément à ce moment que l’administration publique doit démontrer sa capacité à assurer la continuité de la vie publique et à respecter les droits de ceux qui ont contribué à son fonctionnement. « Derrière chaque dossier se trouve une femme, un homme qui aura consacré sa vie à servir l’État. Il n’y a pas de raison que son dû connaisse des retards », a rappelé Joseph LE, soulignant la nécessité d’une mobilisation collective pour accompagner les agents publics vers une retraite digne.

Pour le membre du gouvernement, il est essentiel que les fonctionnaires ayant servi la Nation avec dignité et loyauté puissent bénéficier de leurs droits dans des délais raisonnables et sans tracasseries administratives. « Il est moralement inacceptable et administrativement inadmissible que les agents publics, après une vie de service, soient contraints d’attendre plusieurs mois pour bénéficier des droits qui leur reviennent », a-t-il déclaré. À travers cette nouvelle orientation, le MINFOPRA entend faire de la retraite un marqueur de la performance administrative et de la reconnaissance de l’État envers ses agents.
Une administration moderne doit, en effet, préparer les départs à la retraite avec la même rigueur que les recrutements, les promotions ou les avancements. Le séminaire de Kribi apparaît ainsi comme une étape importante vers une fonction publique plus humaine, plus efficace et davantage attentive au parcours de ses serviteurs, jusqu’au terme de leur carrière.
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