Depuis le 4 août 2026, le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) accueille la deuxième cohorte des boursiers du programme AFRIAK, financé par la Mastercard Foundation. Pendant sept mois, 100 jeunes chercheurs africains issus de 30 pays, dont 70 % de femmes, seront accompagnés dans leurs travaux sur les savoirs autochtones et les approches alternatives de production des connaissances.
Par Ghislain ler Akamba

L’initiative entend contribuer à renforcer la place des savoirs africains dans la recherche scientifique et à encourager de nouvelles perspectives sur les réalités sociales, culturelles et politiques du continent. Au cours de l’atelier d’intégration de cette deuxième cohorte, un panel consacré aux rapports entre savoirs autochtones et sciences sociales et humaines a particulièrement retenu l’attention. Intitulé « Les savoirs autochtones dans les sciences sociales & humaines : perspectives et possibilités disciplinaires », le panel a réuni quatre éminents membres du Comité exécutif du CODESRIA. Modérée à cette occasion par Dr Thérèse Adzeng, la session a permis d’examiner la manière dont différentes disciplines appréhendent les savoirs autochtones.
L’économie, la psychologie clinique, l’histoire et la science politique ont ainsi été mobilisées pour mettre en lumière leurs concepts, leurs méthodes, leurs forces, mais également leurs angles morts dans l’analyse et la valorisation de ces formes de connaissance. Au-delà des échanges disciplinaires, cette rencontre a posé la question de la reconnaissance et de l’intégration des savoirs produits au sein des communautés africaines dans les processus contemporains de recherche.

Elle s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la décolonisation des savoirs et la nécessité de promouvoir des modèles scientifiques davantage ancrés dans les contextes africains. À travers le programme AFRIAK, le CODESRIA et la Mastercard Foundation misent notamment sur une nouvelle génération de chercheurs appelés à produire des connaissances à partir des réalités et des expériences des sociétés africaines. Cette deuxième cohorte, composée majoritairement de femmes et représentative de 30 pays du continent, constitue ainsi une nouvelle étape dans la promotion d’une recherche africaine plurielle, inclusive et attentive aux savoirs autochtones.Une initiative qui contribue à replacer les savoirs africains au cœur de la production scientifique et à ouvrir de nouvelles perspectives pour les sciences sociales et humaines sur le continent.
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