Face aux dérives observées dans certaines congrégations religieuses, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, entend renforcer le contrôle du secteur. Entre rappel des valeurs civiques, lutte contre les pratiques illégales et opérations de fermeture de lieux de culte non conformes, les autorités affichent leur volonté de rétablir l’ordre.
Par Ghislain ler Akamba

Le ministère de l’Administration territoriale (MINAT) a engagé une nouvelle phase de contrôle des activités des congrégations religieuses au Cameroun. Après plusieurs années marquées par un encadrement jugé insuffisant, le ministre Paul Atanga Nji a décidé de remettre la question du civisme et du respect des lois au centre des préoccupations. Quelques jours après la signature d’un acte ministériel, le 8 juillet, le ministre a convoqué les responsables de certaines congrégations, notamment les Témoins de Jéhovah, afin d’échanger sur plusieurs préoccupations liées au fonctionnement de leurs communautés. Au cours de cette rencontre, il a évoqué les dérives constatées dans certains milieux religieux, parmi lesquelles le refus de se conformer à certains symboles et obligations relevant des valeurs civiques et nationales.
Paul Atanga Nji a insisté sur la nécessité d’un retour immédiat au respect des principes de civisme et de patriotisme. Il a également dénoncé les nuisances sonores provoquées par certains lieux de culte dans les quartiers résidentiels, les tensions familiales attribuées à certaines pratiques religieuses, ainsi que des faits ayant suscité une vive émotion dans l’opinion publique, notamment l’enchaînement de deux fidèles dans un temple. Pour le MINAT, ces différents cas illustrent les dérives d’un secteur qui, selon les autorités, est resté pendant longtemps insuffisamment encadré, favorisant l’émergence de pratiques contraires à la loi.
Le ministre a également évoqué des allégations de sacrifices d’enfants, des faits d’une extrême gravité qui, s’ils sont établis, relèvent de la justice pénale. Dans le prolongement de cette politique de fermeté, plusieurs sous-préfets ont lancé des opérations de scellage de lieux de culte ne respectant pas la réglementation en vigueur dans différentes localités du pays. Ces actions visent à assainir le secteur et à garantir que les activités religieuses s’exercent dans le respect des lois de la République.
À travers cette démarche, le gouvernement rappelle que la liberté de culte est garantie par la Constitution, mais qu’elle ne saurait s’exercer en dehors du cadre légal. Le message des autorités est sans équivoque : la foi ne peut s’affranchir de la loi.
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