À la Place de l’Indépendance à Yaoundé, l’effervescence est palpable. Dans les stands, les idées prennent forme, les prototypes attirent les regards et les étudiants présentent leurs innovations avec la conviction de ceux qui ne veulent plus seulement apprendre, mais aussi produire, entreprendre et créer des emplois. Au cœur de cette animation, une ambition se dessine: faire de l’université camerounaise un véritable levier de transformation économique. C’est tout le sens de la 8ᵉ édition du Salon du Génie et Talent de l’Étudiant Camerounais (GETEC), placée sous le thème : « L’université entrepreneuriale au cœur de la SND30 ». Présidée par le Ministre d’État, Ministre de l’Enseignement Supérieur, Chancelier des Ordres Académiques, le Professeur Jacques FAME NDONGO, la cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs membres du Gouvernement, des Recteurs et Vice-Chancellors, ainsi que le représentant du Maire de la ville de Yaoundé.
Par Gervais Fredy M

Au-delà de l’exposition des talents, le GETEC 2026 porte une vision: faire évoluer l’université d’un espace essentiellement consacré à la transmission des connaissances vers un véritable écosystème d’innovation, d’entrepreneuriat et de production. L’enjeu est de franchir un cap: transformer le savoir savant en savoir-faire et en savoir-être, puis convertir les compétences, les idées et la créativité des étudiants en solutions répondant aux besoins réels de la société.
Dans cette perspective, le GETEC apparaît comme une passerelle entre l’univers académique et le monde économique. Une passerelle où le talent étudiant ne se mesure plus uniquement à la réussite aux examens, mais également à sa capacité à résoudre un problème, concevoir un produit, proposer un service, créer une entreprise ou générer un emploi. Pour le Chancelier des Ordres Académiques, cette orientation s’inscrit dans une exigence plus large de souveraineté économique. Réduire la dépendance aux importations, stimuler la compétitivité et favoriser l’émergence de solutions locales supposent en effet de mieux valoriser le potentiel scientifique, technique et créatif des universités camerounaises.
L’université comme incubateur de croissance.
Cette transformation ne peut toutefois reposer sur la seule volonté des étudiants. Elle nécessite un environnement favorable. Les incubateurs universitaires, les programmes de mentorat, les partenariats avec le secteur privé et l’intégration de l’entrepreneuriat dans les curricula constituent ainsi des instruments majeurs de cette nouvelle dynamique. Mais produire ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir normaliser, certifier, protéger et commercialiser. La qualité des productions étudiantes, la conformité aux normes et la protection de la propriété intellectuelle deviennent dès lors des enjeux déterminants pour permettre aux innovations issues des campus de franchir les portes des laboratoires et d’atteindre véritablement le marché. C’est précisément à ce niveau que le GETEC prend une dimension économique. Il ne s’agit plus seulement de montrer ce que les étudiants savent faire, mais de créer les conditions permettant à leurs initiatives de devenir des activités viables et durables.

450 millions de FCFA pour faire grandir les initiatives.
Cette ambition bénéficie d’un accompagnement financier. Après une enveloppe de 450 millions de FCFA accordée en 2025, sous les diligences du MINPMEESA, à 22 Junior-Entreprises, le même niveau de financement est annoncé pour l’édition 2026. Ces ressources doivent notamment permettre l’acquisition d’équipements, la mise en conformité des structures et la protection des innovations. L’objectif est clair: donner aux jeunes porteurs de projets les moyens de passer de l’idée à la réalisation, puis de la réalisation à la production. Les premiers résultats donnent déjà une indication du potentiel de cette démarche. Selon les données présentées, les projets précédemment accompagnés devraient contribuer à la création de 900 emplois directs et indirects et générer plus de 1,5 milliard de FCFA de chiffre d’affaires.
Derrière ces chiffres, il y a une réalité plus concrète: des jeunes qui acquièrent une expérience entrepreneuriale, des compétences qui trouvent des débouchés, des activités qui se structurent et, surtout, des solutions locales susceptibles de répondre à des besoins locaux.
La jeunesse universitaire, de force de travail à force de production.
Le GETEC 2026 entend ainsi porter une nouvelle représentation de l’étudiant camerounais. Celui-ci n’est plus seulement appelé à devenir un demandeur d’emploi au terme de sa formation. Il peut également devenir créateur de valeur, innovateur, entrepreneur et employeur. Cette orientation rejoint directement les ambitions de la SND30, qui mise sur la transformation structurelle de l’économie, la promotion de la production nationale et le développement d’un capital humain capable de soutenir la croissance. À la Place de l’Indépendance, les innovations exposées ne sont donc pas de simples démonstrations de savoir-faire. Elles constituent autant de promesses : celle d’une université plus proche des réalités économiques, d’une jeunesse davantage actrice de son avenir et d’un écosystème où la connaissance peut se transformer en richesse.Le véritable pari du GETEC 2026 est là: faire du campus non plus seulement le lieu où naissent les idées, mais celui où elles commencent à devenir des solutions, des entreprises et des emplois.
À terme, l’ambition est de voir émerger, de ces laboratoires universitaires et de ces Junior-Entreprises, les futurs champions nationaux capables de porter la transformation économique du Cameroun.
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