Un état des lieux réalisé ce 25 août 2026, au lendemain de l’ouverture du 5e Forum national sur les prévisions climatiques saisonnières au Cameroun, laisse percevoir une volonté réelle des responsables régionaux de renforcer la diffusion et l’utilisation des informations météorologiques, malgré des contraintes logistiques, financières et linguistiques persistantes.
Par Gervais Fredy M

Placée sous le thème « Consolider les acquis et renforcer la production locale : pour des Services Climatologiques durables et créateurs de valeur socio-économique au Cameroun », cette 5e édition du Forum met en lumière le travail accompli dans les différentes régions du pays. Après la cérémonie d’ouverture tenue le 24 août, les chefs d’antennes et responsables régionaux ont présenté, ce 25 août, les stratégies mises en œuvre pour rapprocher l’information climatique des populations, tout en exposant les difficultés auxquelles ils restent confrontés. De l’Adamaoua à la région de l’Est, en passant par le Centre, l’Extrême-Nord et le Littoral, un même constat se dégage: sur le terrain, les responsables régionaux ne baissent pas les bras. Ils multiplient les initiatives pour transformer les données météorologiques en informations compréhensibles et utiles à la prise de décision.
Dans l’Adamaoua, Laurent Bertrand Essomba, chef service Météorologie, relève que les efforts entrepris dans la diffusion de l’information commencent à porter leurs fruits. Plusieurs médias se sont déjà engagés dans cette dynamique. L’enjeu consiste désormais à rendre la donnée météorologique plus accessible, afin qu’elle puisse être comprise et véritablement exploitée par les populations et les différents secteurs d’activité. Dans la région du Centre, la sensibilisation de proximité constitue l’un des principaux leviers. Des campagnes ont été menées dans plusieurs localités, notamment du Nyong-et-Mfoumou à la Lékié, en passant par le Mfoundi. Lumfuh A. Ngbwa a notamment engagé un travail de terrain allant jusqu’à associer les élèves aux échanges. Une démarche qui vise à favoriser la compréhension de l’information climatique dès la base et à répondre à la recommandation 10 issue des travaux du Forum.
À l’Est, les réalités socioculturelles et le poids des traditions constituent encore des obstacles à la vulgarisation. Mais là aussi, les équipes poursuivent leurs efforts. Amadou Dairou, responsable des questions météorologiques dans la région, indique que plusieurs stratégies sont mises en œuvre à travers les bulletins météorologiques. Sur douze bulletins, cinq sont actuellement vulgarisés. Pour toucher davantage les communautés, certaines informations sont également traduites et transmises en langues locales, notamment en Baya et en Kaka. Les descentes sur le terrain permettent de renforcer cette proximité, mais elles nécessitent des moyens supplémentaires. Face à cette contrainte, le responsable plaide notamment pour la dotation d’un véhicule tout-terrain et l’octroi de subventions afin de permettre aux équipes de poursuivre efficacement leurs missions. Dans la région de l’Extrême-Nord, où la vulnérabilité aux phénomènes climatiques est particulièrement forte, les prévisions sont disponibles, mais leur utilisation reste encore limitée. Babe Dourandi Edmond évoque notamment les difficultés linguistiques et financières qui compliquent le travail de proximité auprès des agriculteurs.

Une situation qui rappelle que la disponibilité de l’information ne garantit pas automatiquement son appropriation par les principaux bénéficiaires. Sur le Littoral, les actions menées traduisent également cette volonté d’aller au-delà de la simple production des prévisions. Les équipes ont notamment sensibilisé les agences de transport et les chauffeurs sur les risques liés à la conduite en période de fortes pluies, la pluviométrie pouvant constituer un facteur aggravant des catastrophes routières. Selon Serge Roland Mbele Onana, responsable régional, des journalistes d’expression anglaise ont par ailleurs bénéficié gratuitement de formations destinées à renforcer leur capacité à comprendre et relayer les informations météorologiques. Il invite également les populations du Littoral à rester attentives aux alertes météorologiques, dans un contexte marqué par plusieurs événements dommageables. Les éboulements de terrain enregistrés à Douala III et Douala V, ainsi que les inondations à Douala I et Douala II, ont notamment entraîné d’importants dégâts, avec des conséquences sanitaires liées aux maladies hydriques et aux épidémies. Ce bilan dressé ce 25 août révèle ainsi une dynamique encourageante. Malgré les insuffisances en moyens matériels, financiers et humains, les responsables régionaux affichent une volonté manifeste de poursuivre le travail de proximité. La traduction des informations, l’implication des médias, la sensibilisation des communautés, la formation et les descentes sur le terrain témoignent d’une même ambition: faire de la météorologie un outil véritablement accessible et utile.
Les contraintes demeurent, mais la détermination des acteurs de terrain semble intacte. À travers leurs initiatives, ils entendent consolider les acquis et faire progressivement de l’information climatique un instrument d’anticipation, de prévention des risques et d’aide à la décision, au service du développement socio-économique des différentes régions du Cameroun.
La Rédaction: (+237) 676 26 12 02
