Du 28 au 31 juillet, Bafia a accueilli une session de formation destinée à faire émerger le premier pool de formateurs camerounais du mécanisme CAFI-PES. Pendant quatre jours, une trentaine d’acteurs des projets, administrations, organisations de la société civile et communautés du Grand Mbam ont appris, sur le terrain et à l’aide d’outils numériques, à transformer les résultats environnementaux mesurés en paiements concrets.
Pae Gervais Fredy M.

Une étape qui pourrait renforcer durablement la mise en œuvre des paiements pour services environnementaux au Cameroun. Et si l’on ne payait plus la forêt sur la base de promesses, mais sur la preuve des résultats obtenus ? C’est autour de cette exigence que s’est articulée, du 28 au 31 juillet à Bafia, une formation consacrée au mécanisme de paiement pour services environnementaux (PSE) CAFI-PES. Durant quatre jours, une trentaine de participants issus des projets, des administrations, de la société civile et des communautés du Grand Mbam ont été plongés au cœur du dispositif. Ordinateurs en main, les participants ont parcouru les différentes étapes du cycle des PSE à travers l’outil CAFI-PES. L’enjeu n’était donc pas seulement de comprendre le mécanisme dans ses principes, mais d’en maîtriser concrètement le fonctionnement et les conditions de mise en œuvre.
Payer pour un résultat vérifiableAu cœur de l’approche, une règle change la manière d’appréhender le financement de la conservation: la rémunération repose sur les résultats effectivement mesurés sur le terrain, et non sur les seules superficies ou actions annoncées sur le papier. Cette logique introduit une exigence de mesure, de vérification et de traçabilité qui doit permettre de mieux relier les financements aux bénéfices environnementaux réellement produits. Pour les acteurs appelés à mettre en œuvre le mécanisme, la formation de Bafia constitue ainsi un exercice pratique autant qu’une étape de professionnalisation.Un premier réseau de formateurs camerounais. Au-delà des connaissances acquises au cours de la session, l’ambition était plus large : constituer le premier pool de formateurs camerounais capables de transmettre à leur tour les compétences liées au mécanisme CAFI-PES.
L’impact attendu dépasse donc les quatre jours de formation. En renforçant les capacités nationales, cette dynamique vise à favoriser une appropriation plus large de l’outil et à créer, à terme, un relais local capable d’accompagner d’autres acteurs dans la mise en œuvre des PSE. La rencontre de Bafia apparaît ainsi comme une étape structurante : elle ne se limite pas à former des participants, mais cherche à installer une capacité nationale autour d’un mécanisme appelé à rapprocher financement, performance environnementale et action locale.La formation a été conduite par le Secrétariat CAFI, avec l’appui logistique de l’EF-CAFI et du PCIM, ainsi que l’accompagnement technique et financier des partenaires techniques et financiers. À Bafia, l’enjeu était donc clair : faire en sorte que la protection des forêts puisse être évaluée, démontrée et, lorsque les résultats sont au rendez-vous, rémunérée.
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