Le 5ᵉ Forum National des Perspectives Climatiques (NCOF-5), tenu du 24 au 28 août 2026 à Kribi, s’est achevé sur une ambition forte: inscrire durablement les services climatiques dans les mécanismes nationaux de prise de décision. Au-delà de la production des prévisions saisonnières, les participants ont insisté sur la nécessité de rendre l’information climatique accessible, comprise et surtout utile aux populations et aux différents secteurs d’activité.
Jessica Esso

Réunissant experts nationaux, administrations sectorielles, collectivités territoriales, partenaires régionaux et internationaux, secteur privé et société civile, le forum a permis de produire et valider les perspectives climatiques nationales pour les saisons SON et OND 2026. Ces prévisions ont notamment été traduites en avis sectoriels pour l’agriculture et la réduction des risques de catastrophe. Une démarche qui traduit la volonté du Cameroun de passer progressivement de la simple production de données météorologiques à des services climatiques directement exploitables pour anticiper les risques et orienter les décisions.
La pérennisation du NCOF au-delà du projet ClimSA a constitué l’un des principaux enjeux des travaux. Les échanges ont porté sur les mécanismes institutionnels, la gouvernance et le financement nécessaires à la continuité du forum, avec l’ambition d’aboutir à une prise en charge nationale, en appui à l’opérationnalisation durable du Cadre National des Services Climatiques. Le bilan du précédent forum témoigne toutefois des défis qui restent à relever: sur les recommandations du NCOF-4, 16 ont été exécutées, 16 sont en cours et 4 restent encore à réaliser.
À Kribi, le message est donc clair: l’information climatique ne doit plus seulement être produite, elle doit être comprise, appropriée et effectivement utilisée. Le renforcement des capacités des acteurs, la prise en compte des réalités des dix régions et la mise en place d’un mécanisme de collecte des données d’impact doivent contribuer à mesurer son utilité concrète. Avec le soutien réaffirmé de l’ACMAD, de l’OMM et du CAPC-AC, le Cameroun entend ainsi consolider un système de services climatiques durable, capable de mieux anticiper les risques, d’éclairer les décisions et, en définitive, de mieux protéger les populations et les biens.
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